Le collectif de victimes de l'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec a annoncé ce jeudi l'ouverture d'un numéro vert accessible aux victimes, co-victimes et professionnels ayant oeuvré dans cette affaire.
Un numéro vert pour ceux qui ont subi ou été témoins de l'horreur. Le collectif de victimes de l'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, reconnu coupable fin mai de viols et agressions sexuelles sur près de 300 patients, a annoncé la création d'une ligne téléphonique dédiée, accessible depuis ce jeudi 17 juillet.
L'initiative a été pensée pour les victimes, les co-victimes (parents, enfants) ou encore les «professionnels de cette affaire», comme les avocats, magistrats, policiers ou les journalistes. La décision d'élargir le dispositif à ces derniers a notamment été prise après le suicide début juillet de Me Maxime Tessier, qui avait défendu Joël Le Scouarnec au cours du procès.
Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 19h, ce numéro vert ne concerne donc pas le grand public. Il est sécurisé par le ministère de la Santé via la plateforme d'écoute du Collectif féministe contre le viol (CFCV).
«Une violence ultime et imagée»
Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes, a expliqué que «le besoin d'apporter un peu d'assurance aux victimes et d'avoir un numéro vert s'est vite ressenti après la fin du procès, puis lors de la rencontre à Paris» avec le ministre de la Santé Yannick Neuder, la Haute commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry et une conseillère du ministre de la Justice, le 18 juin.
«Les mots qui étaient dits dans cette cour étaient d'une violence ultime et imagée. Avoir une oreille attentive, qui soit accessible de chez soi facilement, gratuitement, ça peut être une première étape d'un parcours de soins qui est plus que nécessaire sept ans après avoir appris les faits» a-t-elle ajouté, précisant que plusieurs centaines de personnes pourraient avoir recours à ce numéro vert.
L'avocate Marie Grimaud, qui représente une quarantaine de parties civiles, espère voir le dispositif «se pérenniser dans le temps» et «être amené à s'anticiper sur d'autres procès». Celui de Joël Le Scouarnec a duré presque trois mois et a été particulièrement éprouvant. A l'issue des audiences, le 28 mai, l'ex-chirurgien a été condamné à 20 ans de réclusion par la cour criminelle du Morbihan.