Près d'une vingtaine de «premiers narcotrafiquants» ont été transférés vers la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a annoncé ce mardi 22 juillet le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Voici ce qu'il faut savoir sur cet établissement inédit en France.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé mardi 22 juillet sur X que «17 premiers narcotrafiquants» venaient d'être transférés vers la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Si certains de ces détenus avaient contesté leur transfert, cela fait depuis mars que le ministre avait désigné la maison centrale de Vendin-le-Vieil pour accueillir les narcotrafiquants les plus dangereux de France. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce centre pénitentiaire situé dans le Pas-de-Calais.
Officiellement ouverte en 2015, la prison de Vendin-le-Vieil est un établissement de haute sécurité conçu pour accueillir des détenus dangereux, notamment des prisonniers radicalisés ou appartenant au grand banditisme.
L’établissement a été construit sur le même modèle que la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, qui avait ouvert ses portes en 2013. Le ministre de la Justice a par ailleurs créé la surprise en annonçant que la prison ornaise serait elle aussi transformée pour accueillir des narcotrafiquants à partir du 15 octobre prochain. Il est possible que leur architecture identique ait pesé dans le choix de Gérald Darmanin.
Dans les faits, la prison de Vendin-le-Vieil peut accueillir environ 100 prisonniers et possède trois quartiers distincts et autonomes. Elle fait d’ailleurs partie des rares prisons françaises ne souffrant pas de la surpopulation. En effet, au 1er février 2025, son taux d’occupation carcéral était de 80% contre 130,8 pour la moyenne nationale.
L’établissement s’étend sur 25.000 m2 et possède une double enceinte haute de plus de 10 mètres ainsi que quatre miradors à ses angles. Par ailleurs, un filin anti-hélicoptère a été installé sur toute la surface.
Des détenus tristement sensibles
De plus, un système de brouillage à destination des drones et des téléphones a été mis en place et quelque 450 caméras sont installées sur l’ensemble du site.
Bien que déjà considérée comme une prison de haute sécurité, Vendin-le-Vieil va faire l’objet de travaux pour la rendre «totalement hermétique» au monde extérieur, que ce soit physiquement ou virtuellement. Gérald Darmanin a annoncé qu’entre «4 et 5 millions d’euros de travaux» allaient être nécessaires.
La prison de Vendin-le-Vieil accueille déjà deux prisonniers tristement célèbres pour leur dangerosité : le terroriste Salah Abdeslam, qui a participé aux attentats du 13 novembre 2015, et le braqueur Rédoïne Faïd, qui est parvenu à s’évader à plusieurs reprises.
En janvier 2018, l’établissement avait été le théâtre d’une attaque. Un jihadiste allemand, Christian Ganczarski, avait attaqué quatre surveillants pénitentiaires, les blessant à l’aide d’un couteau de cantine et d’une paire de ciseaux. L’homme, condamné à 20 ans de réclusion pour ces faits, est considéré comme un proche de Ben Laden.
Lors de l’annonce de son choix, Gérald Darmanin a précisé que la prison de Vendin-le-Vieil «aura toujours un quartier de radicalisation pour les personnes terroristes islamistes» et que ces dernières «y resteront».