Propulsé sous les projecteurs après une intervention au Congrès des maires, où il a alerté sur un possible conflit avec la Russie d’ici à 2030, Fabien Mandon est un ancien pilote de Mirage, devenu en 2025 le premier aviateur depuis trente ans à diriger l’état-major des Armées.
Un ancien pilote désormais chef national. Fabien Mandon s’est retrouvé au cœur de l’actualité au Congrès des maires de France. En alertant sur un possible affrontement avec la Russie et sur le «sacrifice» de jeunes Français, le chef d’état-major des Armées a déclenché une onde de choc politique.
Longtemps perçu comme un général discret, Mandon s’est soudain imposé comme l’un des visages les plus exposés du débat stratégique français, entre inquiétude nationale, soutien gouvernemental et colère des oppositions.
"Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, (…) alors on est en risque."
Ce discours a été prononcé par le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées françaises.
L'événement s'est tenu du 19 au 21 novembre 2025. pic.twitter.com/jol8UYys2N— Bien pensante (@IsabelleLaisia) November 20, 2025
À la tête de l’état-major des Armées, le général Mandon est le premier responsable opérationnel de l’armée française : il commande les forces, conseille le gouvernement et supervise la préparation militaire de la Nation. Une fonction centrale, mais qui ne lui confère aucun pouvoir décisionnel politique.
En effet, dans l’architecture institutionnelle française, c’est le Président de la République qui détient le rôle de chef des armées, fixe la stratégie nationale et décide de l’engagement des troupes. Le chef d’état-major des armées (CEMA), lui, exécute, alerte et prépare. Ses déclarations publiques, rares et généralement calibrées, interrogent donc d’autant plus lorsqu’elles touchent aux orientations souveraines du pays.
Des missions en Centrafrique, au Tchad, en Afghanistan...
Fabien Mandon, âgé de 55 ans, est un ancien pilote de Mirage, répondant à l’indicatif radio «Madoon». Il est le premier aviateur à accéder à la fonction de Chef d’état-major depuis le général Jean-Philippe Douin, il y a trente ans. En effet, le poste est généralement pourvu à un membre de l’armée de terre.
Le général a été déployé à l'étranger, comme en Centrafrique, au Tchad, ou à Douchanbé (Tadjikistan) d'où il effectuait des missions en Afghanistan. Dans un entretien accordé au média L’Express, il avait raconté : «En Afghanistan, j’ai tué. Et je sais qui j’ai tué. Des talibans. J’ai une âme de combattant».
«Être chef, ce n’est pas avoir les poils qui sortent de la chemise. C’est être juste, réfléchi, déléguer, savoir être ferme quand il faut», affirmait Fabien Mandon, qui a également commandé la base d’Avord (Cher), un site-clé de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française.
«Zénitude incroyable», «résiliance de dingue»
«Il a délivré de l'armement au combat, il a eu la croix de la valeur militaire», a détaillé un pilote de chasse, camarade d’escadron du général, interrogé par l’AFP.
Selon un autre militaire, pilote de Mirage 2000D, Fabrien Mandon serait «toujours d’humeur égale», d’une «zénitude incroyable, toujours le sourire aux lèvres». «Il a une résilience de dingue», a-t-il ajouté.
«Cela fait huit ans qu’il suit les dossiers politico-militaires», a affirmé cette même source. Fabien Mandon était passé par la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) avant de faire un passage comme adjoint au CEMP. Il a ensuite décroché un poste au cabinet de la ministre des Armées Florence Parly, puis Sébastien Lecornu, avant de devenir CEMP en 2023, soit le plus proche conseiller militaire du Président de la République, et chef des armées.