La Revue nationale stratégique 2025 a identifié un risque majeur d'attaque russe sur le territoire européen d'ici à 2030. La France ne serait pas directement visée, mais pourrait avoir à intervenir.
La Russie pourrait-elle attaquer un pays européen d'ici à 2030 ? Les rédacteurs de La Revue nationale stratégique 2025, rendue publique en juillet, jugent ce scénario crédible. Une guerre pourrait selon eux éclater sur le Vieux continent et forcer l'armée française à intervenir pour défendre ses alliés.
Rédigée sous la supervision du secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), La Revue nationale stratégique est censée décrire tous les défis sécuritaires auxquels sera confronté le pays.
D'après le document, cette attaque de la Russie pourrait concerner un pays balte, comme la Roumanie ou la Pologne. La Moldavie, qui est en dehors de l'Union européenne, serait-elle aussi à risque.
Cyberattaques, sabotage et désinformation
Si la France devait intervenir dans le cas d'un tel conflit, elle risquerait d'être «visée par des actions hybrides massives», prévient La Revue nationale stratégique. Ce rapport estime que Moscou pourrait orchestrer des cyberattaques, mais aussi des actes de sabotage ou de désinformation.
Le rapport évoque également deux autres «champs de bataille» à surveiller : les fonds marins et l'espace. Il pointe le fait que la marine russe a développé, dans les grands fonds, des moyens pour altérer les câbles de communication, mais aussi que Moscou adopte un comportement de plus en plus inamicale dans l'espace. La Russie semble notamment se rapprocher de certains satellites, ce qui pourrait suggérer des actions d'espionnage, de brouillage ou des tentatives de collision.
Une source relayée par Le Figaro ce mercredi 23 juillet précise qu'«il y a eu un consensus sur ce risque majeur» de conflit sur le territoire européen d'ici à 2030 et que «c'est aussi l'analyse des services de renseignements». Cette inquiétude repose notamment sur le fait que «depuis 2022, la Russie a démontré son agressivité».
Une «puissance de nuisance»
Lors d'une conférence de presse, le 11 juillet dernier, le général Thierry Burkhard, à l'époque chef d'état-major des armées françaises, avait identifié plusieurs défis sécuritaires à venir pour la France : «Terrorisme», «instrumentalisation de l'immigration clandestine», attaques hybrides et désinformation, délitement de l'ordre international ou encore conséquences du changement climatique.
«La Russie est partie prenante de toutes les menaces que je viens de décrire et elle constitue à ce titre une menace durable et qui est pour moi la plus dimensionnante», avait-il déclaré, jugeant qu'elle a «tous les attributs d'un Etat totalitaire».
Il avait décrit le pays comme une «puissance de nuisance» qui, «malgré les pertes incroyables qu'elle subit» en Ukraine, «constituera à nouveau une force constituant une vraie menace à nos frontières [...] avant 2030».
D'après Thierry Burkhard, la France est identifiée par Moscou comme étant «son principal adversaire en Europe». En tant que puissance nucléaire protégée par sa dissuasion, elle n'est selon lui pas menacée de «se faire attaquer directement et lourdement sur le territoire national» mais la Russie a «beaucoup d'autres options» via des actions hybrides.