Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès que de naissances. Une inversion du solde naturel qui inquiète certains démographes.
Une bascule démographique historique. La France a passé un cap : elle a enregistré, en mai dernier, plus de décès que de naissances. Une inversion qui ne s'était pas produite depuis 1945 et la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le détail, entre mai 2024 et mai 2025, l'Hexagone a enregistré plus de 651.000 décès, contre 650.000 naissances.
Plus que de simples chiffres, Ludovine de la Rochère, présidente du syndicat Famille, tire la sonnette d'alarme auprès de CNEWS. «On s'attendait malheureusement à cette inversion, de la différence entre les naissances et les décès, sauf qu'elle survient beaucoup plus vite que prévu. La chute de la natalité s'accélère et évidemment, c'est gravissime, en particulier dans un pays comme la France, dont tout le système social repose sur le dynamisme démographique».
Recul de l'âge de la première maternité
Si ce constat est inquiétant, il n'a rien d'étonnant. Et pour cause : depuis 2015, le nombre de naissances est en chute libre. En effet, selon un graphique réalisé par l'Insee, on dénombrait 798.948 naissances en 2015 ; 783.640 en 2016 ; 769.553 en 2017 ; 758.590 en 2018 ; 753.383 en 2019 ; 735.196 en 2020 ; un pic de 742.052 en 2021 ; puis de nouveau une chute à 725.997 en 2022 ; 677.803 en 2023 ; et 663.000 en 2024.

Pour Ludovine de la Rochère, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres. «Il est vrai que de manière générale, les études se sont beaucoup allongées, l'âge de la première maternité a également beaucoup reculé et cela fait qu'il y a d'autant moins d'enfants. Si on a son premier enfant beaucoup plus tard, dans certains cas, cela signifie que l'on n'en a pas du tout».
Selon les projections, certaines régions commenceront également à perdre des actifs dès 2036. Une tendance qui pourrait avoir des conséquences sociales et économiques majeures.