Un an après les JO de Paris ce samedi 26 juillet, le directeur des cérémonies, Thomas Jolly, a dû se réinventer. Il endosse notamment un nouveau rôle au Centre national du cinéma et de l'image animée.
Un an après les cérémonies des JO 2024, leur architecte avoue qu'il ne s'en est toujours «pas tout à fait remis». Thomas Jolly a pourtant continué son chemin depuis, entre projet avorté, nouveau rôle, récompenses prestigieuses et lutte contre le cyberharcèlement.
Sept cyberharceleurs condamnés
Le directeur artistique avait en effet déposé plainte le 31 juillet 2024, peu de temps après la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, affirmant être la cible, sur les réseaux sociaux, «de menaces et d'injures à caractère homophobe ou antisémite».
Le procès de sept personnes soupçonnées d'avoir envoyé des messages haineux à Thomas Jolly a eu lieu en mars dernier et le tribunal correctionnel de Paris a infligé des amendes de 2.000 à 3.000 euros assorties du sursis à trois des prévenus et des peines d'emprisonnement de 2 à 4 mois avec sursis aux quatre autres.
Les sept prévenus, dont une femme, âgés de 22 à 79 ans, devront verser un euro de dommages et intérêts à Thomas Jolly, mais aussi effectuer un stage de citoyenneté de cinq jours, a décidé le tribunal, qui a ordonné la suspension pour six mois des comptes X de deux d'entre eux.
Plusieurs récompenses
Thomas Jolly a remporté le prix du meilleur concert aux Victoires de la musique, mais aussi un Molière d'honneur qu'il a dédié au spectacle vivant comme «outil» permettant de «faire société» et de «nous recoudre».
En début d'année, il a également fait partie de la cinquantaine de personnalités issues du monde artistique, du sport, de la politique et de la haute fonction publique promue à la Légion d'honneur pour leur action dans le cadre des Jeux olympiques de Paris. Thomas Jolly a été promu au rang de chevalier.
Un spectacle avorté
Depuis décembre 2024, Thomas Jolly et Thierry Reboul, directeur des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, travaillaient sur un spectacle qui devait être joué à Rouen à l'occasion du 14-Juillet.
Intitulé «14.7», il devait durer 1h30 et promouvoir les valeurs de la République. Ce projet représentait un investissement de 11 millions d'euros, dont 6 provenant de financements privés et 5 de fonds publics (ville et métropole).
C'est justement faute de financements privés que l'oeuvre n'a pas abouti, selon Thomas Jolly. «La part d'argent privé nécessaire à la tenue du projet n'est pas atteinte. Par conséquent, la part d'argent public envisagée pour ce projet n'est pas sollicitée», avait-il expliqué dans un communiqué.
Les deux hommes à l'origine du spectacle avaient jugé «regrettable (...) qu'une partie de la presse, ainsi que certains élus politiques, [aient] choisi de divulguer et de commenter ce projet avant même que sa faisabilité ne soit assurée». Ils ont «œuvré au discrédit du financement public de la culture, à la dissension et défiance populaire, plutôt qu'à son unité, et ont ravivé, à l'égard de Thomas Jolly, un discours de haine, bien loin de toute considération budgétaire», avaient-ils déploré.
Une nouvelle aventure
En juin dernier, Thomas Jolly a été nommé à la tête de la commission du fonds d'aide aux créateurs de jeux vidéo du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Ce fonds, doté d'un budget annuel de 5 millions d'euros, fournit des aides destinées à accompagner toutes les phases de réalisation d'un titre : écriture, pré-production et production.
Nommé pour deux ans, il succède à ce poste à l'écrivain Maxime Chattam et présidera une commission composée de dix membres et six suppléants, parmi lesquels le compositeur Olivier Derivière et le directeur éditorial de Focus Entertainment, Yves Le Yaouanq.
«Depuis l'enfance, je joue. Pas seulement au théâtre - mais aussi aux jeux vidéo. Au ludisme s'est adjoint, au fil des ans, l'émerveillement permanent pour un art qui ne cesse de repousser les limites de la création», avait affirmé dans un communiqué le comédien et metteur en scène.
Son amour pour le jeu vidéo avait d'ailleurs teinté la cérémonie d'ouverture des JO de Paris puisque Thomas Jolly avait choisi de rendre hommage au héros encapuchonné de la série Assassin's Creed, du géant français Ubisoft. Evoluant sur les toits de la capitale flamme à la main, ce personnage masqué était même le fil rouge de la cérémonie.