Ce jeudi 31 juillet, des juges d'instruction antiterroristes ont ordonné un procès devant la cour d'assises spéciale, à l'encontre de six hommes suspectés d'être impliqués dans l'attentat qui avait fait six morts rue des Rosiers à Paris en 1982. Parmi eux : Abou Zayed, le principal suspect.
Plus de 40 ans après l'attentat de la rue des Rosiers à Paris, des juges d'instruction antiterroristes ont ordonné, ce jeudi, un procès devant la cour d'assises spéciale contre six hommes suspectés d'être impliqués dans l'attentat qui avait fait six morts rue des Rosiers à Paris en 1982, dont Abou Zayed, principal suspect, selon l'AFP.
Deux personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier : Abou Zayed, Norvégien d'origine palestinienne âgé de 66 ans, considéré comme l'un des tireurs et détenu en France depuis 2020, ainsi que H. T., soupçonné d'avoir caché des armes à l'époque et sous contrôle judiciaire. Les quatre autres suspects, localisés en Cisjordanie, en Jordanie et au Koweït font l'objet d'un mandat d'arrêt.
L'un des pires attentats contre la communauté juive en France
Visés par des mandats d'arrêt, Hicham Harb et Nizar Tawfiq Hamada ont été localisés les deux premiers en Cisjordanie par les autorités, tandis qu'Amjad Atta et Nabil Othmane se trouveraient respectivement en Jordanie et au Koweït d'après la justice française.
Pour mémoire, le lundi 9 août 1982, un commando de trois à cinq hommes masqués avait fait irruption dans le célèbre restaurant juif Jo Goldenberg, au coin de la rue des Rosiers. Après avoir lancé une grenade, ils avaient mitraillé la cinquantaine de clients présents, ainsi que les employés.
Les assaillants avaient ensuite remonté la rue tirant à nouveau sur des passants. En l'espace de trois minutes, six personnes avaient été tuées et 22 autres blessées, dont huit se trouvaient dans un état grave.
L'attaque a été attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), nommé également Organisation Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Les expertises menées ont souligné «la similarité parfaite» entre les armes et munitions retrouvées sur les lieux et au bois de Boulogne avec celles saisies «lors d'attentats formellement attribués à ce groupe terroriste à Londres, Rome, Athènes et Bruxelles», a estimé le ministère public.
«une volonté de faire régner la terreur»
L'attentat «relève sans conteste d'une volonté de faire régner la terreur» comme «en atteste l'acharnement du commando à faire le plus de victimes possibles dans un lieu touristique réputé fréquenté par la communauté juive française et internationale», avait indiqué au début du mois de juillet, le Pnat (Parquet national antiterroriste).
L'avocat d'une fille d'une victime, Romain Boulet, avait également déclaré à l'AFP : «C'est un sentiment partagé pour les parties civiles aujourd'hui, entre l'immense soulagement de savoir que la République n'abandonne pas ses victimes, malgré les années passées, les errements de la justice et des politiques, et le regret de constater que c'est un procès incomplet qui s'annonce, avec plusieurs accusés réfugiés à l’étranger».
Un autre avocat, Me Vincent Brengarth, avait, lui, salué le «travail très minutieux accompli», indiquant que son client, le fils d'une autre victime, «espère que le procès répondra à ses attentes».