Avec les beaux jours, les comportements sexistes se multiplient dans l’espace public. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur et les retours des applications de signalement, l’été concentre une explosion des outrages sexistes, en majorité perpétrés par des hommes.
L’été devient une saison de plus en plus dangereuse pour les femmes. Selon le ministère de l’Intérieur, 97% des personnes mises en cause pour outrage sexiste en 2024 sont des hommes. Et en juin, l’application de signalement Umay a observé une hausse de 30% des alertes. Sur The Sorority, la vague a démarré dès le mois de mai. «En hiver, on est moins dehors, donc moins exposées», rappelle sa fondatrice Priscillia Routier auprès de 20Minutes.
Bars, transports, festivals, plages… Les lieux propices au harcèlement s’étendent avec la saison. Les femmes, qui représentent 89% des victimes, subissent regards appuyés, remarques sexistes, gestes déplacés. «Le harcèlement de plage est une réalité tous les étés», insiste Pauline Vanderquand, à la tête d'Umay, une application qui recense plus de 120.000 utilisatrices (majoritairement des femmes).
Et la foule, l’alcool ou les stupéfiants accentuent les dérapages. «Dès qu’il y a une émulation, l’esprit à la fête, il va y avoir des comportements décuplés, des barrières psychologiques sautent (...) et les violences ressurgissent», analyse de son côté la tête pensante de The Sorority pour 20Minutes.
Seules 1.500 victimes recensées par la police en 2024
Sur la plage, le corps exposé devient une cible. «On se sent comme un morceau de viande», confie la fondatrice d'Umay auprès du média. Une enquête du collectif Tous Orléans a de son côté révélé que 74% des femmes ont déjà été sifflées. Pourtant, 85% de celles-ci ne portent pas plainte. En 2024, seules 1.500 victimes ont été recensées par la police. «Porter plainte semble parfois peine perdue», résume la juriste Julie Mattiussi.
Beaucoup ne se reconnaissent même pas comme victimes, jusqu’à ce qu’on leur rappelle ce qu’est un outrage sexiste : sifflements, regards insistants, propos ou gestes déplacés…
Pour contrer ces violences, des dispositifs se développent. Umay forme ainsi des bars à l’accueil bienveillant. Et l’initiative «Angela» permet, elle, de demander discrètement de l’aide dans un établissement. Mais pour la professionnelle de justice, le problème reste aussi du côté des agresseurs : «Certains ne réalisent même pas qu’ils enfreignent la loi.»