Environ 200 migrants sans abri ont passé la nuit devant l’Hôtel de Ville de Paris. Toujours présents ce mercredi 6 août dans la matinée, ils réclament notamment plus de places d’hébergements d’urgence.
Une mobilisation pour des hébergements d’urgence. Environ 200 migrants, dont de jeunes enfants, ont passé la nuit de ce mardi à mercredi sur la place devant l’Hôtel de Ville de Paris. Ce mercredi matin, ils étaient toujours présents pour réclamer des mesures fortes.
Cette mobilisation a été initiée par l’association de défense des migrants Utopia 56. Son délégué général, Yan Manzi, a indiqué que la mobilisation se poursuivrait «tant qu’il n’y a pas de proposition de logements» pour les personnes présentes.
Le groupe qui s’est rassemblé depuis mardi soir sur la place de l’Hôtel de Ville est composé en majorité de femmes seules avec des enfants et de pères de familles. Selon Utopia 56, il ne s’agit que de familles et non d’hommes seuls ou de mineurs isolés.
A l'issue d'une nuit devant la mairie, enroulés dans des couvertures et sacs de couchage à même le sol, les migrants, dont certains sont en situation régulière en France, ont exprimé leur colère en criant «On veut un logement ! Zéro enfant dans la rue!», a constaté une journaliste de l'AFP, présente sur place.
L’été, une saison compliquée
Interrogée, Fatuma Ali, réfugiée somalienne, a raconté avoir passé la nuit devant l’Hôtel de Ville avec ses trois enfants âgés de 2 à 7 ans. Arrivée en France en 2018, cette famille a été logée par les services sociaux dans une maison. Toutefois, il y a cinq mois, faute de place, Fatuma Ali et ses enfants ont dû la quitter. Depuis, la jeune femme a expliqué ne pas trouver de logement et dormir dans la rue ou le bus social.
Face à ce manque d’hébergements d’urgence, l’association Utopia 56 se rend chaque soir de l’année sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris pour y tenir une permanence. Le but de cette dernière étant de trouver un logement d'urgence aux plus précaires, refoulés des habituelles structures d'accueil.
Si la situation est difficile tout au long de l’année, elle «est particulièrement tendue» l’été, a indiqué Utopia 56, mettant en avant le ralentissement des services publics, le départ en vacances des bénévoles mais aussi la fermeture des écoles et des gymnases.
Contactée, la Ville de Paris a assuré l'AFP, continuer d'ouvrir «été comme hiver, des centres pour mettre à l'abri des personnes en famille».
«Au total plus de 1.000 personnes relevant d'une prise en charge par l’État sont actuellement mises à l'abri dans des lieux municipaux transformés ou des gymnases, en plus de la prise en charge de plus de 3.000 personnes en famille», a souligné la mairie mardi soir, en demandant «la prise en charge de ces personnes par l’État».
La préfecture d’Île-de-France également chargée de l'accueil, assure qu’il «n’y a pas de fermeture de places d'hébergement» liée à la période estivale.