Déjà qualifié de plus gros feu de l'été en France, l'incendie qui ravage l'Aude a surpris par sa vitesse de propagation. Les conditions étaient malheureusement réunies pour que les flammes dévorent tout sur leur passage.
En l'espace de 15 heures environ, l'incendie dans l'Aude a parcouru au moins 12.000 hectares. Le plus gros feu de l'été en France, qui a fait un mort et neuf blessés à ce stade, a notamment surpris par sa vitesse de propagation jugée «hors norme» par Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération française des sapeurs-pompiers de France.
La progression des flammes dépend de plusieurs facteurs et le vent est l'un d'entre eux. D'après Le Parisien, il est admis que la vitesse de propagation d'un feu correspond à 3 à 10% de celle du vent. Mardi soir, dans l'Aude, les rafales atteignaient 50 voire 60 km/h et la sécheresse s'est ajoutée à cette tramontane.
D'après le dernier bulletin hydrologique de Météo-France, publié le 10 juillet, l'Aude est en effet l'un des départements les plus secs du pays, avec un cumul de pluie en 2025 jusqu'ici inférieur de 25% à la valeur moyenne.
Garrigues, broussailles et pinèdes
Le territoire avait d'ailleurs été placé en risque «très élevé» de feu de forêt mardi par Météo-France. Ce mercredi le niveau d'alerte a été abaissé d'un cran mais reste en risque «élevé».
Cette sécheresse persistante rend la végétation facilement inflammable, ce qui a également profité à l'incendie. Sans compter que les paysages audois sont principalement constitués de garrigues, broussailles et pinèdes, qui brûlent rapidement. Le relief étant vallonné, un effet de convection a aussi accéléré la propagation des flammes : portées par le vent, des particules enflammées atteignent des zones situées à l'avant du brasier.
Déclenché mardi à Ribaute pour une raison encore indéterminée, ce feu a détruit ou endommagé 25 habitations ainsi que 35 véhicules, selon un bilan encore provisoire. Ce mercredi, la secrétaire générale de la préfecture de l'Aude, Lucie Roesch, a indiqué que «l'incendie est toujours très actif et la situation est toujours défavorable» en raison de la sécheresse, de la chaleur et du «vent fort et dense».
A l'aube, un dispositif «colossal», selon le sous-préfet, était encore mobilisé, avec 1.820 pompiers appuyés par 500 engins au sol. Les moyens aériens de lutte contre le feu devaient quant à eux être renforcés dans la matinée, avec la mobilisation de la totalité du dispositif national de neuf Canadair et cinq Dash.