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Attentat déjoué du Thalys : il y a 10 ans, l'intervention courageuse de passagers a empêché un bain de sang

Le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani, un ressortissant marocain appartenant à la mouvance islamiste, a ouvert le feu à bord d'un train Thalys reliant Amsterdam à Paris, menaçant la vie des 554 passagers. Mais grâce à sept d'entre eux qui ont maîtrisé l'assaillant, un drame absolu a été empêché.

Des gestes d'une rare bravoure. Il y a dix ans jour pour jour, le 21 août 2015, le train Thalys n°9364, effectuant une liaison entre Amsterdam, aux Pays-Bas, et Paris, s'est arrêté en gare de Bruxelles-Midi.

Parmi les passagers qui ont pris place à bord, se trouvait Ayoub El Khazzani. Âgé de 26 ans à l'époque, l'homme de nationalité marocaine était connu depuis plusieurs années par les services de renseignement, notamment français, pour appartenance à l'islamisme radical.

Deux passagers interviennent dès le début de la fusillade

Équipé d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov avec plusieurs chargeurs pleins, d'un pistolet Luger, d'un cutter et d'une bouteille remplie de liquide inflammable, il a ouvert le feu dans le train en sortant des toilettes aux alentours de 17h50, menaçant les 554 passagers à bord.

Immédiatement, l'un d'entre eux, un Français âgé de 28 ans, est intervenu pour tenter de le désarmer, très vite rejoint par Mark Moogalian, un Franco-Américain de 51 ans qui a réussi à s'emparer du fusil d'assaut brandi par le terroriste.

Une lutte acharnée pour maîtriser l'assaillant

Mais ce dernier a alors sorti son pistolet et a ouvert le feu. Mark Moogalian a été touché dans le dos, permettant à Ayoub El Khazzani de récupérer son arme lourde. Il s'est ensuite dirigé vers la voiture 12 du train, mais au moment de tirer sur les passagers, son arme a connu une défaillance.

Deux passagers américains en vacances, Alek Skarlatos, un militaire de réserve de la Garde nationale, et Spencer Stone, ambulancier de l'US Air Force, se sont alors jetés sur le terroriste à mains nues pour l'immobiliser.

Les trois passagers américains Anthony Sadler, Spencer Stone et Alek Skarlatos, ont été reçus à l'ambassade des Etats-Unis en France par Jane Hartley après l'attaque.Thomas Samson / AFP

S'en est donc suivie une lutte acharnée, au cours de laquelle Spencer Stone est blessé à coups de cutter à la main et au cou. Mais grâce à l'aide de leur ami d'enfance, Anthony Sadler, du Britannique Chris Norman et d'un cheminot français en repos, ils ont réussi à désarmer et à maîtriser le tireur.

Une attaque commanditée par Daesh

Au total, le bilan de l'attaque a fait seulement trois blessés, un véritable miracle. Le train a ensuite été dérouté vers la gare d'Arras, dans le Pas-de-Calais, où Ayoub El Khazzani a été immédiatement interpellé.

L'enquête de la section antiterroriste du parquet de Paris, ouverte le jour même, a permis de confirmer que l'attaque avait été commanditée par Daesh via un téléphone portable. Selon le procureur de la République de Paris de l'époque, François Molins, Ayoub El Khazzani avait une «attitude résolue» lors du passage à l'acte et a fait «usage de toutes ses armes» pour tenter d'éliminer ceux qui s'opposaient à lui.

Mis en examen pour tentatives d'assassinats, association de malfaiteurs et détention d'armes, le tout en relation avec une entreprise terroriste, il a été jugé le 17 décembre 2020 par la cour d'assises spéciales de Paris.

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de vingt-deux ans de sûreté en première instance, soit la peine maximum, il a écopé de la même sanction en appel le 8 décembre 2022.

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