Emmanuel Macron est attendu lundi prochain à New York, afin de reconnaître officiellement l'Etat palestinien, à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies. Une décision mûrement réfléchie que le chef d'État français assume.
Lundi, la France reconnaîtra officiellement l'État palestinien, en pleine guerre entre Israël et le Hamas depuis l'attaque du 7-Octobre 2023. Même si cette officialisation risque de refroidir encore une relation devenue très fraîche entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou, le président français ne changera pas d'avis.
«Je viens de parler avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas [...]. Compte tenu de l'extrême urgence de la situation à Gaza et dans le reste des territoires palestiniens, j'ai réitéré lundi à New York au président palestinien mon intention de reconnaître un État palestinien».
Je viens d’échanger avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Je l’ai tout d’abord remercié pour la très bonne coopération dans l’arrestation de l’un des principaux auteurs du terrible attentat terroriste de la rue des Rosiers.…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 19, 2025
«Cette reconnaissance s'inscrit dans le cadre d'un plan de paix global pour la région, qui vise à répondre aux aspirations de sécurité et de paix des Israéliens et des Palestiniens», a-t-il assuré.
Une décision très mal accueillie par Jérusalem
Du côté des autorités israéliennes, les menaces fusent face à cette décision, comme celle d'annexer tout ou une partie de la Cisjordanie. L'Elysée a averti vendredi soir qu'une telle annexion constituerait «une ligne rouge claire».
Visant plus particulièrement la France, Israël pourrait aussi fermer son consulat à Jérusalem-Est ou réduire la coopération militaire et de défense entre les deux pays. Des mesures importantes, sans toutefois aller jusqu'à une rupture totale, estiment des diplomates des deux côtés interrogés par l'AFP.
Il faut néanmoins s'attendre à «beaucoup de bruit», confie l'un d'eux, prédisant des joutes verbales publiques. L'effet le plus immédiat : Emmanuel Macron est persona non grata en Israël jusqu'à nouvel ordre, alors qu'il a reconnu avoir «proposé de s'y rendre» en amont de cette reconnaissance pour expliquer sa démarche.
Pour autant, il assure maintenir le contact avec Benjamin Netanyahou, à qui il a encore parlé dimanche dernier, selon son entourage. À Paris, on reste discret sur les contre-mesures prévues, mais on promet une réponse forte sur la base de la réciprocité.