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L'ex-secrétaire d'État écologiste Jean-Vincent Placé va être jugé pour «agressions sexuelles»

Jean-Vincent Placé avait été condamné en 2018 pour des faits de violence, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et injure raciale. [Jacques DEMARTHON / AFP]

Déjà condamné en 2021 pour «harcèlement sexuel», l’ancien secrétaire d’État écologiste Jean-Vincent Placé sera jugé à Paris pour des agressions sexuelles qu’il aurait commises à l’encontre de deux femmes lors de voyages réalisées en Corée du Sud entre 2016 et 2017.

Un nouveau rebondissement judiciaire pour l’ancien homme fort du parti EELV. L’ex-secrétaire d'État écologiste Jean-Vincent Placé, déjà condamné pour harcèlement sexuel en 2021, sera jugé à Paris pour des agressions sexuelles qu’il aurait commises sur deux femmes lors de voyages à l'étranger réalisés entre 2016 et 2017. A noter que la date d'audience n'a pas encore été fixée à ce stade.

Selon des sources proches du dossier, un magistrat instructeur parisien a signé le 20 novembre un renvoi conforme aux réquisitions du parquet de Paris pour cette ex-figure de l'écologie âgée de 57 ans. Ce dernier a contesté au cours de l'enquête avoir sexuellement agressé une ancienne collaboratrice et a dit ne pas se souvenir avoir fait de même pour une autre femme.

Pour le juge, Jean-Vincent Placé a agi selon un même «mode opératoire» : dans des taxis, en déplacement professionnel à l'étranger et alors qu'il était alcoolisé.

L'ex-responsable écologiste «a toujours très fermement contesté et conteste toujours les faits qui lui sont reprochés. Il s'en expliquera largement et sans détour devant le tribunal afin de faire reconnaître son innocence», a assuré Me Jade Dousselin, son avocate avec Me Lisa Janaszewicz.

L’accusé «a toujours réservé ses commentaires à la justice», a ajouté Me Dousselin, pour qui il «serait donc également de juste mesure que l'on préserve sa présomption d'innocence».

Une enquête déclenchée fin 2021

L'enquête avait été déclenchée par une plainte d'Audrey (dont le prénom a été modifié), révélée fin 2021 par l'AFP et Mediapart.

Cette dernière accusait son ex-supérieur de plusieurs agressions sexuelles, et notamment de lui avoir touché les seins lors d'une soirée à Séoul en Corée du Sud en mai 2016. Elle avait aussi accusé plus généralement Jean-Vincent Placé de l'avoir harcelée sexuellement sur plusieurs mois, lorsqu'elle travaillait pour lui au Sénat puis au secrétariat d'État à la Réforme et à la Simplification.

Pour ces faits, l’ancien cadre du parti EELV a été mis en examen en mars 2022, notamment pour agression sexuelle par personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions. Il s'était alors décrit comme «volubile et un tout petit peu tactile, mais sans l'être beaucoup».

«Enlève ta main»

Au cours de l'enquête, plusieurs hauts responsables écologistes ont témoigné en faveur de Jean-Vincent Placé. Une figure centriste a au contraire appuyé les déclarations d'Audrey.

S'agissant précisément de l'agression sexuelle en Corée, les accusations d'Audrey ont été corroborées par le témoignage d'un officier de sécurité, qui a déclaré avoir entendu l’accusé dire «t'es ma préférée» et Audrey répondre «enlève ta main».

La deuxième plaignante, qui n'entretenait pas de lien professionnel avec Jean-Vincent Placé, l'accuse, elle, de lui avoir touché les seins, les cuisses et d'avoir tenté de mettre sa main entre ses jambes lors d'une soirée à l'occasion de la journée internationale de la francophonie, en Corée du Sud, au mois de mars 2017.

Cette décision de renvoi «clôture une procédure qui a été longue et éprouvante pour mes clientes», a salué leur avocat, Me Tewfik Bouzenoune.

«Nous avons hâte d'entendre ses explications, fussent-elles des dénégations. Nous espérons toutefois que le temps écoulé lui a permis de prendre de la distance, pour ne pas dire de la hauteur, par rapport au positionnement qu'il a toujours adopté dans ce dossier (…) C'est un moment de vérité que mes clientes appréhendent mais qu'elles affronteront avec constance et détermination», a affirmé Me Tewfik Bouzenoune

Des antécédents dans son casier judiciaire

Le casier judiciaire de Jean-Vincent Placé présente des antécédents : le 1er mars 2021, il avait été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme en 2016 alors qu'il était membre du gouvernement sous la présidence de François Hollande, des faits qu'il avait reconnus lors d'une audience.

En 2018, il avait été condamné pour des faits de violence, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et injure raciale.

Dans les deux cas, il était en état d'ébriété. Selon un examen psychologique réalisé mi-2022, Jean-Vincent Placé «se remet en cause et a entamé une démarche de soin pour sa consommation d'alcool». Lors de sa mise en examen, il a indiqué avoir diminué sa consommation d'alcool et faire désormais «le choix de rester chez lui quand il buvait».

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