Ancien chef d’état-major des armées jusqu’en 2017, le général Pierre de Villiers défend dans son nouvel ouvrage «Pour le succès des armes de la France», paru ce mercredi 10 décembre aux éditions Fayard, «un plan de réarmement massif et rapide» tant sur le plan militaire que moral et civique.
Un cri du cœur. Le général Pierre de Villiers sort ce mercredi son cinquième livre «Pour le succès des armes de la France» publié chez Fayard, après «Servir» (2017), «Qu’est-ce qu’un chef ?» (2018), «L’équilibre est un courage» (2020) et «Paroles d’honneur» (2022).
Dans ce nouvel ouvrage, l’homme qui totalise plus de quatre décennies de carrière militaire, s’interroge sur les défis de la France en la matière, notamment en raison de la menace russe qui pèse sur le Vieux Continent. Le général pointe notamment du doigt «la pression montante du terrorisme islamiste radical, le retour des États-puissances et l’évolution vertigineuse des nouvelles technologies militaires».
Celui qui occupait le poste de chef d’état-major des armées jusqu’en 2017 s’inquiète aussi d’un retour du «monde bipolaire». «Je sens ça depuis 2015, petit à petit, un conglomérat dont, finalement, la seule chose qu'ils ont en commun, tous ces Etats-puissances, c'est la haine de l'Occident et du grand Satan américain», indique Pierre de Villiers sur RTL.
Selon lui, le gouvernement tricolore doit faire évoluer son armée pour «passer des opérations de guerre à la guerre». «La guerre, ça nécessite la capacité à durer, l'épaisseur, la logistique, la formation... On n'en est pas là», déplore ce dernier.
Pour y parvenir, il table sur «une vision à dix ans et un plan de réarmement massif et rapide, qui rétablisse la cohérence entre les menaces, les missions et les moyens pour nos armées».
Une hausse du budget militaire jugée nécessaire
Le général Pierre de Villiers insiste également sur l’importance d’augmenter le budget militaire français dans les années à venir.
«On est à 50 milliards d’euros aujourd'hui, mais quand vous enlevez l'inflation, et puis les huit milliards de report de charges, c'est-à-dire les crédits qui sont passés à autre chose que ce qui était prévu dans la loi de programmation militaire (LPM), nous ne sommes pas dans cette augmentation majeure qu'il faudrait faire», regrette le frère de Philippe de Villiers.
«Nous avons le même nombre de matériel majeur qu'en 2017. Nous avons 200 chars, 200 avions de combat, 15 frégates de premier rang. C'était la même chose en 2017. Nous avons bouché les trous avec l'augmentation de crédit qu'il y a eu. Mais il faut passer la surmultipliée», poursuit ce dernier.
L’importance d’un service national «rénové»
Outre les dotations économiques, le général Pierre de Villiers souligne la nécessité de restaurer un service militaire basé sur le volontariat pour redonner un sentiment de fierté nationale et rehausser la cohésion nationale.
«C’est aussi à un réarmement moral et civique qu’il convient de s’atteler. Qui peut ignorer que le sentiment patriotique et la cohésion sociale s’érodent en France année après année ? Il est plus que jamais urgent de les restaurer, notamment par le biais d’un service national rénové, pour le succès des armes de la France», résume l’ancien haut-gradé.
Il dénote trois problématiques majeures pour la mise en place de ce projet patriotique dans les prochaines années en France. «Un, budgétaire : il ne faudra pas amputer le budget des armées. Deux, la difficulté de l'infrastructure : nous n'avons pas d'infrastructure disponible. Il va falloir les construire, c'est long. Et trois : l'encadrement», conclu ce dernier.