La nouvelle porte de la mairie de Bordeaux (Gironde) sera inaugurée ce vendredi 12 décembre, plus de deux ans et demi après son incendie criminel en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites.
Un joyau du patrimoine aquitain s'apprête à (re)prendre ses quartiers. À la suite de son incendie criminel survenu en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites en mars 2023, la nouvelle porte monumentale de l’hôtel de ville de Bordeaux (Gironde) reprendra sa place ce vendredi 12 décembre à 18h, place Pey-Berland.
Conforme au souhait de plus de 75 % des Bordelais consultés, cette réplique de la porte du XVIIIe siècle mesurera environ 4 mètres sur 7. Fabriquée en bois issu de forêts françaises, elle comportera deux battants de 500 kilos chacun, laissés dans leur teinte naturelle au lieu du bleu datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale de sa prédécesseur.
Les résidents pourront découvrir «le bel aspect bois originel», plus fidèle à l'époque de sa construction en 1784 comme Palais épiscopal, avant de devenir l'Hôtel de ville en 1837. Toutefois, plusieurs couches de protection ont été appliquées contre les différents risques, tels que les graffitis, le soleil, et la pluie.
Une pépite du patrimoine bordelais
Pour mémoire, la porte du palais Rohan avait été incendiée dans la soirée du 23 mars 2023 par un groupe d'individus en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, suscitant une vive émotion dans la communauté locale. Six personnes ont été condamnées à des peines allant d'un an avec sursis à six ans de prison ferme.
Les travaux de rénovation avaient démarré dès le mois de juillet 2023, sous la supervision de l’entreprise spécialisée Les Métiers du bois, tandis que l'encadrement des pierres a été restauré par Les Compagnons de Saint-Jacques et Les ateliers de la Chapelle.
Les artistes ont notamment reproduit «les mêmes sculptures, frises et figures que sur l’ancienne porte», comme promis par le maire écologiste Pierre Hurmic, dont le blason de la ville, sculpté en 1965 par Alexandre Callède et François Calderon.
La restauration a coûté 803.822 euros, dont plus de 600.000 euros pris en charge par l’assurance municipale, et nécessité plus de «3.500 heures» de travail, incluant les études, la conception, la fabrication, la restauration des ferronneries, les finitions et l'installation. «C'est une fierté immense, un projet unique qui met en valeur l'élégance et le savoir-faire français», a confié l'élu.
Des gardes en permanence et une entrée automatisée
Delphine Jamet, adjointe au maire chargée de l’administration générale, a assuré que, contrairement aux allégations sur les réseaux sociaux, des agents garderont la porte de l’Hôtel de ville. L’entrée historique est également automatisée pour permettre des contrôles d’accès.
Un plan de mise aux normes de sécurité incendie et anti-intrusion a également été lancé par la majorité. «Mais bien sûr, on ne peut pas promettre que ça n’arrivera plus», a-t-elle confié, bien qu'elle ait souhaité que l’œuvre soit là «pour de très nombreuses décennies, voire des siècles».
Le battant non utilisé pour les analyses sera exposé au Musée d'Aquitaine.