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«C’est un acte grave» : les propos de la députée LFI Ersilia Soudais sur Sophia Aram en commission ne passent pas

Ersilia Soudais a estimé que les chroniques de l'humoriste étaient racistes. [Alain JOCARD / AFP]

La députée Ersilia Soudais a été fermement rappelée à l’ordre ce jeudi 18 décembre par le président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel. La veille, l’insoumise avait qualifié de «racistes» les chroniques de l'humoriste Sophia Aram. 

Des propos jugés incompatibles avec la commission de l’Assemblée nationale. Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a sévèrement recadré, ce jeudi, la députée LFI, Ersilia Soudais. 

En effet, l’élue insoumise avait déclaré la veille, au cours des auditions de la commission, au sujet de l'humoriste Sophia Aram, qui évolue sur France Inter : «Cela fait vingt ans que l’on a une Sophia Aram qui raconte des dingueries et qui a un humour raciste».

Des propos qui avaient provoqué l'ire du président de la commission. Jérémie Patrier-Leitus avait alors menacé de couper le micro de l'insoumise, estimant que cette commission d'enquête n’avait pas pour ambition d’être «le lieu où l’on insulte les salariés du service public de raciste, d’homophobe…»

Ersilia Soudais s’était alors justifiée considérant : «n'avoir pas dit qu’elle était raciste mais que ses chroniques l’étaient». Des justifications qui n’ont pas suffi au député Horizons qui est donc revenu sur l’incident ce jeudi. 

«Il y a des mots qui sont des armes»

A l’ouverture des travaux de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus a donc pris la parole, déclarant : «Je vais revenir en quelques mots sur l’incident grave qui s’est déroulé hier (…) Ce sont des qualifications extrêmement lourdes car je le rappelle, le racisme n’est pas une opinion mais un délit pénal. Accuser publiquement une personne de racisme, fût-ce dans le cas d’une commission d’enquête parlementaire, est un acte grave».

«Je le dis ici avec la plus grande fermeté, comme président d’enquête je n’autoriserai pas que de tels propos soient tenus dans cette commission. Car un député ne parle jamais seulement en son nom, chaque mot qu’il prononce engage notre commission et notre parlement», a-t-il poursuivi. 

Au-delà de cette mise au point, Jérémie Patrier-Leitus a souhaité rappeler qu’il «y a des mots qui sont des armes, des bombes à retardement. Des mots qui ne sont pas des opinions mais des cibles que l’on vient planter dans le dos de nos concitoyens».

Le président de la commission d’enquête a par la suite évoqué «des humoristes, des dessinateurs de presse tués à bout portant à cause d’un qualificatif qui leur est jeté à la figure», faisant ainsi vraisemblablement référence à l’attentat meurtrier qui a touché la rédaction de Charlie Hebdo.

«Cette commission d’enquête n’est pas le lieu où chacun vient régler des comptes idéologiques ou porter des accusations graves sur des salariés de l’audiovisuel public», a-t-il conclu avant de présenter ses excuses au nom de la Commission.  

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