Conseillère de Paris et Secrétaire générale du MoDem, Maud Gatel revient pour CNEWS sur le soutien de son parti à Rachida Dati pour les prochaines élections municipales à Paris. L’ancienne députée met également en avant un projet «ambitieux», appelant au rassemblement le plus large autour de l’actuelle ministre de la Culture.
Pouvez-vous revenir sur ce choix de soutenir Rachida Dati aux prochaines élections municipales ?
Cela fait plus de dix-huit mois que nous avons lancé un gros travail sur les attentes des Parisiens. Nous avons consulté les habitants dans l'ensemble des 80 quartiers, mais aussi les forces vives de Paris que peuvent être les associations, les experts, les syndicats professionnels. Nous avons abordé toutes les thématiques ayant trait à la vie quotidienne des Parisiens, que ce soit la lutte contre le bruit, l’accès à la propriété, le sport, l’accès aux soins, le périscolaire, tous les sujets.
La demande de changement, d’alternance pour Paris est immense. Nous avons élaboré un projet très ambitieux, avec 1.500 propositions dont nous sommes très fiers. C’est sur le fondement de ce projet que nous avons trouvé des convergences fortes avec Rachida Dati.
Nous ferons tout pour qu’il y ait une alternance dans la capitale. Il faut mettre fin à vingt-cinq ans de pouvoir à gauche qui a abimé Paris. Il y a 140.000 Parisiens qui ont déjà quitté la ville. Cela a un impact profond sur les écoles, sur les commerces, sur le lien social. Sur ce fondement programmatique, elle est la seule candidate en mesure de nous permettre d’accéder à cette alternance et de l’incarner.
Que reprochez-vous à la candidature d’Emmanuel Grégoire ?
Il porte le bilan d’Anne Hidalgo, celui de la dette et de la dégradation du cadre de vie des Parisiens. Je dénonce une politique qui se dit inclusive, mais qui en réalité exclut. Une politique qui oppose en permanence les Parisiens les uns aux autres. Je considère qu’un(e) maire doit rassembler, décider, agir et rendre des comptes. Aujourd’hui, la majorité ne se parle qu’à elle-même. C’est la gauche qui parle à la gauche, le NFP qui parle au NFP. Il n’y a pas de propositions pour les Parisiens, il adopte la politique du : «On prend les mêmes et on recommence».
Et pourquoi pas Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons et d’une partie de Renaissance ?
J’ai essayé, lors des dix-huit derniers mois, de faire converger les choses, mais cela n’a pas été possible. Je le regrette car toutes les voix qui ne seront pas pour Rachida Dati seront en réalité des voix pour continuer avec la majorité actuelle. Ce n’est pas ce que je souhaite. Rachida Dati est la seule qui rend possible l’alternance à Paris.
Sur quel sujet avez-vous évolué lors de vos échanges avec Rachida Dati ?
Sur la sécurité. J’avais évidemment conscience que c’était un enjeu, mais quand certaines statistiques, notamment de l’institut Paris Région, expliquent que une femme sur trois a peur dans son quartier, qu’une femme sur dix a peur dans son appartement, c’est une priorité absolue.
Que proposez-vous pour lutter contre l’insécurité ?
Le MoDem porte le sujet de la police municipale depuis longtemps, comme Rachida Dati. Nous souhaitons qu’elle dispose de vrais pouvoirs, qu’elle soit une police de la tranquillité, mais aussi une police d’intervention en complément de la police nationale.
Sur quel sujet Rachida Dati a-t-elle évolué, selon vous ?
Rachida Dati a été caricaturée comme une candidature «pro-voitures» alors que ce n’est absolument pas le cas. J’ai toujours défendu un meilleur partage de l’espace public à Paris. Je suis convaincue qu’il y a de la place pour tout le monde, à partir du moment où il y a un plan de circulation mis en place et que l’on priorise les plus fragiles, à savoir les piétons. Et que l’on défend les transports en commun, notamment le bus qui a pâti d’aménagements mal pensés. Il faut mettre fin à l’anarchie qui s’est installé sur l’espace public.
En quoi Rachida Dati dispose-t-elle des capacités, selon vous, pour représenter cette alternance ?
Elle est fédératrice. Elle a réussi à rassembler Les Républicains, le MoDem, une partie très significative de Renaissance, l’UDI et le Parti radical, soit toutes les forces du centre et de la droite. Mais au-delà des formations politiques, elle parle aux Parisiens, à tous, sans distinctions.
Êtes-vous favorable au changement de mode de scrutin à Paris ?
Ce changement de mode de scrutin était nécessaire. Le précédent était profondément anti-démocratique. Il n’était pas normal par exemple que les voix des électeurs de gauche dans le 16e arrondissement ou celles de droite dans le 10e ne comptent pas.
Ce mode de scrutin avait une conséquence délétère : il encourageait à mener des politiques pour ses seuls bastions. Désormais, chaque voix comptera. Et le changement du mode de scrutin modifiera la manière de concevoir et déployer les politiques publiques. C’est un vrai changement démocratique.
Comment percevez-vous la candidature récente de Sarah Knafo. Peut-elle vous prendre des voix ?
Je suis au centre, je ne peux pas être plus éloignée des extrêmes. Le modèle que défend Sarah Knafo pour Paris et pour la France n’est pas celui des Parisiens si j’en crois l’effondrement de Reconquête entre 2022 et 2024. Rachida Dati a été extrêmement claire : la liste du premier tour sera celle du second tour.
On aimerait que cette clarté soit de mise partout. Ce qui n’est pas le cas à gauche, où les alliés de Monsieur Grégoire, que sont Ian Brossat, David Belliard et Lucie Castets, déjà alliés avec des anciens de LFI, ne cessent d’appeler à une alliance avec Madame Chikirou pour conserver Paris.