Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié jeudi une première photographie de l’insécurité et de la délinquance en France en 2025. L’étude a souligné une hausse notable des refus d’obtempérer, de l’usage et du trafic de stupéfiants, ainsi que des violences physiques et sexuelles entre 2024 et l’an dernier.
Une première cartographie officielle de l’insécurité et de la délinquance en France en 2025. Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié jeudi un bilan provisoire de la délinquance en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer l’an dernier. Ce document est amené à être complété de manière définitive en juillet prochain.
Le SSMSI publie la première photographie du bilan #statistique 2025 sur l'Insécurité et #délinquance et la déclinaison départementale et régionale de ces résultats, en incluant les collectivités d’outre-mer.⁰https://t.co/cRyAjEUmbgpic.twitter.com/REbAvk8SAn
— Interstats (@Interieur_stats) January 29, 2026
Le premier élément à mettre en exergue a été la faible progression estimée à 1% des homicides relevés en France entre 2024 et 2025 (passant ainsi de 976 à 982 homicides constatés d’une année sur l’autre).

A titre de comparaison, près de 1.600 homicides étaient relevés sur le sol français en 1996.
Une explosion des refus d’obtempérer
La synthèse relayée ce jeudi a mis en lumière une augmentation de 11% des refus d’obtempérer routiers en France entre 2024 et 2025. Ces derniers sont ainsi passés de 24.900 en 2024 à 28.200 en 2025.

Sur ce dernier chiffre, 22% de ce total concernait des refus d’obtempérer aggravés, à savoir un délit «commis en exposant directement autrui à un risque de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente», selon l’article L233-1-1 du Code de la route.
En mai dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait décidé de durcir les règles concernant les refus d’obtempérer qui se multipliaient alors dans l’Hexagone. Ce dernier avait demandé aux forces de l’ordre d’appliquer «par principe» la poursuite des véhicules en fuite alors que celle-ci était jusqu’alors réservée aux faits de grande gravité.
Une progression notable du narcotrafic
En forte hausse depuis un demi-siècle, le trafic de stupéfiants a également connu une augmentation importante de 8% entre 2024 et 2025 en France, selon les données transmises par le SSMSI.
Dans le même temps, l’usage de stupéfiants a aussi progressé de 6% en un an dans l’Hexagone et dans les départements d’outre-mer.
Cette donnée s’explique notamment par l’expansion de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), qui a même été rehaussée de 200 à 500 euros en décembre dernier par Emmanuel Macron, pour les consommateurs de stupéfiants.
Le gouvernement a aussi publié en juin dernier une loi spéciale pour lutter contre le narcotrafic en France permettant notamment la création d’un parquet national anticriminalité (Pnaco) spécialisé dans ces thématiques depuis début janvier 2026. La loi a durci le régime carcéral afin de «couper les narcotrafiquants du monde extérieur et les empêcher de communiquer avec leur réseau criminel».
Pour sensibiliser le grand public au fléau du narcotrafic, Amine Kessaci (22 ans) a annoncé lundi rejoindre la liste du Printemps Marseillais, emmenée par Benoît Payan. Le jeune homme vit sous protection policière renforcée depuis l’assassinat en novembre de son petit frère Mehdi, dans un «crime d’avertissement».
Des faits de violences physiques et sexuelles à la hausse
Les faits de violences physiques intrafamiliales ont augmenté de 5% entre 2024 et 2025 (256.900 cas l’an passé), tout comme ceux des violences physiques hors du cadre familial (216.100 cas l’an dernier).

Les faits de violences sexuelles ont bondi de 8% en un an pour atteindre un total de 132.300 plaintes déposées auprès de la gendarmerie ou de la police. A noter que cette hausse est moins marquante que celle de 11% observée dans le domaine entre 2016 et 2025.
Outre ces données, le collectif Féminicides France a également recensé 97 féminicides commis en France l’an dernier.