Moura B., le père de famille qui avait tué sa femme devant ses trois enfants, a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Rhône, à Lyon.
Un meurtre malheureusement trop souvent commun des féminicides : un ex-conjoint placé sous contrôle judiciaire, qui avait interdiction d'entrer en relation avec sa femme et qui est parvenu à la tuer. C’est ce qui est arrivé à Nathalie D., tuée par son ex-compagnon le soir du 8 mai 2022, devant sa maison à Grézieu-la-Varenne, à l'ouest de Lyon, sous les yeux de trois des enfants du couple, alors âgés de 4 à 10 ans, et de l'une de leurs amies. Avant de mourir, la victime avait porté plainte à de multiples reprises contre son ex-conjoint, qui avait déjà été condamné pour violences sur une autre ex-compagne.
Au procès, qui a pris fin ce vendredi, le meurtrier a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. La peine est notamment assortie d'une période de sûreté de 18 ans, de la suppression de l'autorité parentale et de l'interdiction d'entrer en contact avec certains proches de la victime. «La cour ne considère pas que la peine maximale est la plus adéquate », a commenté la présidente de la cour, Marie Thévenet, alors que la perpétuité avait été requise contre l'accusé, déjà condamné pour violences sur une autre ex-compagne.
«54 plaies sur le visage et le corps»
Les jurés ont tenu compte de l'âge de l'accusé, 50 ans, de son enfance et du fait qu'il avait « réussi à s'insérer dans la société », a-t-elle ajouté.
Au lendemain du meurtre, l'autopsie avait relevé 54 plaies sur le visage et le corps de Nathalie D., 33 ans, certaines ayant pu être causées par un marteau, d'autres par un objet tranchant d'au moins 15 cm, notamment une profonde plaie latérale le long de la gorge. «La plaie la plus profonde fait 15 cm. Sur le gabarit de Nathalie, 15 cm, c'est terrifiant », a assuré l'avocate générale Dorothée Perrier.
Le procès avait été marqué par la diffusion, au cours des débats, de l’audition des filles de l’accusé et de la lecture d’une lettre écrite par la fille du suspect et de la victime. «J’aurais aimé qu'elle ne te rencontre jamais, qu'elle vive une vie heureuse», avait-elle écrit à l’intention de son père.