Face à la prolifération des rats dans la capitale, les candidats à la mairie de Paris ont détaillé leurs mesures pour lutter contre ces rongeurs. Des propositions souvent liées à l’amélioration des services de propreté de la Ville et une hausse des sanctions face aux incivilités.
Leur présence est omniprésente dans la capitale. Selon certaines estimations, entre quatre et six millions de rats vivraient à Paris. Une prolifération qui s’explique notamment par le réchauffement climatique. En effet les rats préfèrent les climats tempérés, entre 10 et 25 °C.
Mais aussi par la présence importante de déchets alimentaires, ou encore l’activité touristique parisienne et les travaux.
Selon les chiffres de la mairie de Paris, près de 7.000 interventions visant à limiter la présence des rongeurs sur le domaine public sont réalisées chaque année. Celle-ci sont orchestrées par le Service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène (SMASH). Des actions ciblées dans les égouts, jardins et cours sont également réalisées, afin de réguler cette prolifération.
Conscients de cette problématique, d’hygiène public, tous les candidats aux prochaines élections municipales ont proposé des solutions pour lutter, dans le respect du bien-être animal, contre les rats.
Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance)
«Une ville propre». C’est un des engagements de Pierre-Yves Bournazel. Pour le candidat Horizons-Renaissance, la lutte contre cette prolifération passe ainsi par la privatisation totale de la collecte des déchets et du nettoiement des rues. Une mesure qui permettrait, selon l’élu du 18e arrondissement, d’économiser 130 millions d’euros. Celui-ci entend également investir sur la mécanisation du matériel des agents de propreté.
Dans son programme, l’ancien député défend la verbalisation des incivilités dans l’espace public par la police municipale. Mais aussi le généralisation «de poubelles anti-rats» dans la capitale.
Sophia Chikirou (LFI)
Dans son programme, la candidate LFI à la mairie de Paris dénonce des réponses face à la prolifération des rats «souvent ponctuelles et mal coordonnées». De ce fait, Sophia Chikirou propose de porter le budget dédié à la régulation des rongeurs à 15 millions d’euros par an, permettant l’intervention dans les 24h après signalement des agents de la Ville.
La députée entend privilégier des méthodes «respectueuses de la sensibilité animale», en accélérant la «rupture avec les pratiques létales de masse et soutenir le développement de solutions non-violentes, fondées sur la prévention, la réduction des sources de nourriture et des alternatives non-létales, en lien avec les associations de protection animale».
Pour lutter contre les rongeurs, Sophia Chikirou défend l’installation de «grillages anti-remontée» sur 10.000 plaques d’égouts à horizons 2032. Mais aussi le renforcement de la collecte et le nettoyage dans l’heure qui suit la fin des marchés.
Rachida Dati (LR-Modem)
En cas de victoire le 22 mars prochain, Rachida Dati promet le lancement «d’un grand plan de lutte contre la prolifération». Celui-ci insistera sur la lutte contre l’accès aux rongeurs aux déchets.
La candidate LR-Modem entend ainsi utiliser la glace carbonique ou des pièges écologiques connectés pour faire face à cette prolifération.
L’actuelle maire du 7e arrondissement prévoit également les contrôles trimestriels des bâtiments recevant du public contre la présence de nuisibles.
Emmanuel Grégoire (GAuche unie)
Pour le candidat de la gauche unie, hors LFI, la lutte contre la prolifération des rats passe par la modernisation du nettoyage de l’espace public, en investissant dans une flotte plus modernisée.
Emmanuel Grégoire propose aussi de «mieux sanctionner les incivilités», pointant les gens qui «sans faire attention jettent leur mégot» ou «ne ramassent pas des déjections canines». Des incivilités pouvant provoquer la multiplication des rongeurs dans les rues de la capitale.
Le député devrait faire davantage d’annonces ces prochaines semaines quant à cette thématique.
Sarah Knafo (reconquête)
Pour l’eurodéputée, «résoudre le problème de la saleté» à Paris permettrait de «résoudre le problème de la prolifération des rats».
En privatisant les services de propreté de la Ville de Paris, Sarah Knafo prévoit de basculer une partie des effectifs vers le service environnement et d’y créer «une équipe dédiée qui mettre en œuvre un plan anti-rats». Celui-ci comprend l’utilisation de glace carbonique, «du piégage intelligent» et «l’installation de grillage sur les avaloirs».
La candidate propose également l’expérimentation de «bacs d’ordures ménagères anti-rats avec couvercle verrouillé». Ce couvercle se déverrouille automatiquement lorsque le bac bascule à 90°, lors du passage des éboueurs.
Thierry Mariani (rn)
S’il n’a pas détaillé explicitement de plan anti-rats, le candidat du Rassemblement national a dénoncé «l’insalubrité» de la capitale.
De ce fait, Thierry Mariani propose de mettre en place «la théorie de la vitre brisée», à savoir une tolérance zéro sur les incivilités.
L’eurodéputé propose, dans son programme, «d’assurer la propreté 24/24h» en redéployant des effectifs municipaux. La modernisation du matériel et des moyens permettant d’assurer le nettoyage est également inscrit dans les mesures.