Afin de soutenir l'agriculture et pour endiguer la hausse de l'obésité sur l'ensemble de la population française, l'Assemblée nationale a adopté lundi en première lecture une proposition de loi visant à expérimenter une éducation à l'alimentation à l'école.
L'obésité, un fléau auquel les Parlementaires veulent s'attaquer. «Près d'un adulte sur deux est en situation de surpoids, l'obésité a été multipliée par quatre chez les plus jeunes en moins de 30 ans», a notamment pointé du doigt la députée Olivia Grégoire, à l'origine du texte, peu avant que sa proposition de loi ne soit adoptée par l'Assemblée, à 68 voix pour et aucune contre. Le texte doit maintenant aller au Sénat.
La députée Renaissance a défendu un moyen d'«assurer à chaque élève, où qu'il grandisse, un accès à un apprentissage fondamental». Elle était soutenue par le ministre de l'Education nationale Édouard Geffray, pour qui «la santé des élèves n'est pas accessoire à leur apprentissage» mais sa «condition première».
trois séances par an d'éducation à l'alimentation, au minimum
Le texte prévoit, à titre expérimental pour trois ans et sur la base du volontariat des académies et établissements, trois séances minimum par an d'éducation à l'alimentation, de la petite section de maternelle au CM2. Des parcours sont également prévus au collège et dans les lycées professionnels.
Les oppositions en ont toutefois critiqué certains points : «Ce texte ne propose pas de mesures clés pour permettre aux foyers les plus modestes de mieux se nourrir», a par exemple déploré Soumya Bourouaha (PCF).
Le texte initial prévoyait aussi un «fonds d'action» abondé par l'Etat et potentiellement des entreprises privées pour «accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l'organisation d'activités pédagogiques», selon Olivia Grégoire.
Une opportunité pour certains géants de l'alimentation ?
Mais l'ouverture à des acteurs privés crispe à gauche. «Coca-Cola, Danone ou Nestlé pourront financer l'éducation à l'alimentation dans l'école publique, ce qui leur permettrait de redorer leur image», a critiqué Marie Mesmeur (LFI).
L'article avait été supprimé en commission et Olivia Grégoire a renoncé à ce stade à tenter de le réintroduire. «Je maintiens que le dispositif est indispensable pour permettre à nos acteurs associatifs de pouvoir opérer dans les meilleures conditions possibles», a-t-elle cependant insisté. Elle avait déposé un amendement de réécriture disposant notamment que les entreprises ne peuvent «pas faire état, à des fins commerciales ou de communication, des projets financés par le fonds».
Enfin plusieurs députés ont souligné que le code de l'Éducation prévoyait déjà en théorie «une information et une éducation à l'alimentation».
«Ce n'est pas parce que le gouvernement ne fait pas appliquer la loi qu'il faut en proposer une autre», a commenté Roger Chudeau (Rassemblement national).