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Islamisme : deux associations françaises proches des Frères musulmans mises en examen

Cinq personnes liées aux associations Humani'Terre et Soutien Humani'Terre ont été mises en examen pour financement du terrorisme. La justice soupçonne des transferts de fonds vers le Hamas. Un dossier sensible, aux ramifications idéologiques et politiques.

Des associations françaises soupçonnées de financer le Hamas. Cinq personnes en lien avec les associations Humani'Terre et Soutien Humani'Terre ont été mises en examen pour financement d'une entreprise terroriste, abus de confiance en bande organisée et blanchiment aggravé, comme l'a révélé Le Figaro. Elles ont été placées sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste.

Les enquêteurs soupçonnent ces structures, jugées proches des Frères musulmans par les services de renseignement, d'avoir fait parvenir des fonds au Hamas, sous couvert d'aide humanitaire.

Humani’Terre et Soutien Humani’Terre sont considérées comme les héritières du Comité de Bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), dissous au début des années 2000. Déjà à l’époque, les autorités soupçonnaient des détournements de fonds au profit d’organisations terroristes, sans avoir pu obtenir de condamnations définitives.

Parmi les mis en examen figurent un ancien responsable du CBSP ainsi qu'une figure issue de l’ex-UOIF, organisation longtemps présentée comme la vitrine des Frères musulmans en France.

Perquisitions et saisies massives

Placées en garde à vue le 16 février, les cinq personnes avaient vu leurs domiciles, bureaux et locaux associatifs perquisitionnés le même jour. Deux immeubles, situés à Paris et à La Courneuve, ont également été saisis avec l'appui de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués.

Les enquêteurs ont mis la main sur près de 35 millions d’euros présents sur les comptes bancaires associatifs ou sous forme de chèques de banque. À cela s'ajoutent plus de 5 millions d’euros en espèces découverts dans plusieurs antennes locales, notamment à Paris, Lille, Lyon et Marseille.

Une enquête financière tentaculaire

L'affaire trouve son origine dans l'ouverture, le 3 novembre 2023, d'une enquête préliminaire confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, à la Direction générale de la sécurité intérieure et à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière.

Selon une source proche du dossier auprès de l'AFP, un «gros travail financier» a été mené, appuyé par l'exploitation des données numériques saisies et par une coopération internationale avec l'Italie, les États-Unis et Israël.

Si les associations mises en cause contestent toute irrégularité, ces mises en examen constituent un nouveau coup porté à la mouvance frériste en France. Elles pourraient aussi avoir des répercussions politiques. La proximité affichée par certains élus de La France insoumise, dont le député de Seine-Saint-Denis Thomas Portes, avec ces associations, risque de relancer les polémiques dans un contexte déjà explosif autour des questions de financement et d'islamisme politique.

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