Le parquet national antiterroriste a été saisi après l'interpellation d'un homme dans la nuit de vendredi à samedi devant la Bank of America, à Paris, alors qu'il s'apprêtait à mettre le feu à un engin explosif. Quelques heures après l'annonce ce samedi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait le «lien» entre l'attentat déjoué et la guerre en Iran.
La menace d'une exportation de la guerre en Iran sur le sol français se précise. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait ce samedi soir le «lien» entre l'attentat déjoué visant à Paris la Bank of America et la guerre au Moyen-Orient, voyant des «similitudes» entre cette action et des opérations menées ces derniers jours dans d'autres pays européens et revendiqués par un groupuscule.
S'exprimant à la télévision, le ministre de l'Intérieur a expliqué que «cette affaire (faisait) penser à des actions similaires qui se sont déroulées dans d'autres pays européens» comme les Pays-Bas.
«Je fais le lien avec les actions menées dans les pays voisins (...) qui ont abouti» et ont été suivies de «revendications d'un groupuscule qui faisaient référence au conflit», a-t-il dit.
Le suspect interpellé puis placé en garde à vue
Un attentat à l'engin explosif visant des intérêts américains, le siège parisien de la Bank of America, a été déjoué samedi, des faits dont s'est saisi le Parquet national antiterroriste (Pnat).
Les faits se sont déroulés vers 03h30, rue La Boétie, dans le centre-ouest de Paris, devant les locaux de la Bank Of America. Des policiers y ont interpellé un homme qui venait de déposer un engin explosif artisanal, selon des sources proches du dossier. L'homme interpellé sur les lieux puis placé en garde à vue était accompagné par un deuxième individu qui a pris la fuite en courant.
Le parquet antiterroriste, qui s'est saisi immédiatement, a précisé avoir ouvert une enquête notamment pour «tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste».
Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un recrutement sur Snapchat pour 600 euros
Le mis en cause a expliqué, selon une source policière, avoir été déposé sur place en voiture par un homme. Selon les premiers éléments, les deux hommes étaient arrivés à pied devant l'établissement américain. Pendant que le premier déposait le dispositif, le second a pris du recul pour, semble-t-il, faire des photos ou une vidéo avec son portable.
L'homme interpellé a affirmé être mineur et de nationalité sénégalaise, selon la même source qui a précisé que son identité était en cours de vérification. Il a expliqué, selon une autre source policière, avoir été recruté via l'application Snapchat pour réaliser cette opération moyennant la somme de 600 euros. Lorsque les policiers qui patrouillaient l'ont interpellé, il s'apprêtait à allumer le dispositif avec un briquet.
Laurent Nuñez a demandé une mobilisation renforcée des forces de l'ordre avec un engagement plus conséquent des forces de l'opération Sentinelle, notamment dans les gares et les lieux publics connaissant une forte affluence.