Il existe trois départements en France où le Vendredi saint est férié. Il s'agit d'une tradition lointaine qui remonte à l'époque de Napoléon III.
De quoi faire des jaloux. Ceux qui travaillent dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin auront un jour de repos en plus.
Le Vendredi saint, jour où l'on célèbre la crucifixion du Christ avant Pâques, est un jour férié uniquement dans cette partie de France.
Les religieux sont fonctionnaires dans la région
Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à 1871, au moment où la France perdait une guerre contre l’Empire allemand. À cette époque, la région Alsace-Moselle se retrouvait annexée et donc alignée au calendrier de l’Allemagne.
Et dans ce pays, le Vendredi saint est un jour férié. Il l’est encore aujourd’hui. L’Alsace-Moselle est aujourd'hui bien française mais la population a préféré garder quelques spécificités.
La relation entre l’Église et l’État est bien particulière, faisant exception au principe de laïcité qui s’applique sur l’ensemble du territoire français. Le Concordat, adopté en 1802, régit toujours les rapports de religion. Ainsi, dans cette région, les religieux sont fonctionnaires, les cultes sont reconnus et financés par l’État et les cours de religion sont encore obligatoires à l’école primaire et au collège.
Une culture qui n'est pas remise en question, au risque de s'attirer les foudres de bon nombre de personnes. Le préfet de la Moselle, qui avait autorisé le 23 mars l'ouverture des commerces dans son département lors du Vendredi saint, est revenu le 31 mars sur sa décision après avoir reçu la pression d'une intersyndicale (FO, CFDT, CGT et CFE-CGC) de l'archevêque de Metz, Mgr Philippe Ballot.