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«En Marche» : le mouvement créé par Emmanuel Macron fête ce lundi ses 10 ans, très loin de son élan initial

Il y a dix ans, le 6 avril 2016, à Amiens (Somme), Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie lançait «En Marche». [PATRICK KOVARIK / AFP]

Ce lundi, «En Marche», le mouvement fondé par Emmanuel Macron, aujourd’hui renommé «Renaissance», fête ses 10 ans. A un an de la fin du second mandat du chef de l’Etat, le parti présidentiel enclenche un virage important pour son avenir politique, alors que certains cadres appellent à un retour au nom originel. 

Une création qui a changé le visage de la politique française. Il y a dix ans, le 6 avril 2016, à Amiens (Somme), Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie sous François Hollande, lançait «un mouvement politique nouveau», «En Marche», reprenant ses initiales.

Une formation politique nouvelle, qui avait pour ambition de dépasser le «clivage gauche-droite», et qui lui permettrait par la suite de rampe de lancement pour la présidentielle de 2017. 

Dans un quinquennat Hollande marqué par les crises, Emmanuel Macron s'est attaché ses premiers soutiens, parmi lesquels le député socialiste Richard Ferrand, devenu ensuite président de l’Assemblée nationale et aujourd’hui président du Conseil constitutionnel. 

Parmi eux également, François Patriat. Le sénateur fut l'un des rares politiques présents au lancement d'En Marche. Il a raconté à de multiples reprises avoir brûlé un cierge à la cathédrale d'Amiens avant de se rendre au meeting. 

«Face aux blocages de la société», Emmanuel Macron promettait de «refonder par le bas», donnant le ton d'une campagne participative et bienveillante qui cèdera la place, une fois au pouvoir, à une présidence verticale.

Un parti rebaptisé 

Dix ans après Amiens, après avoir été élu puis réélu à l'Élysée, Emmanuel Macron achève son second quinquennat très loin de cet élan initial. Une œuvre largement entravée par sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale, qui l'a privé de majorité. 

Même son parti, rebaptisé La République en Marche puis Renaissance, lui a échappé, quand bien même il en est le président d'honneur. Celui-ci est désormais contrôlé par Gabriel Attal, dont les rapports avec le président sont inexistants. 

Foudroyé à Matignon par cette dissolution dont il n'avait pas été prévenu, l'ancien Premier ministre s'est émancipé, se faisant élire à la tête du groupe à l'Assemblée puis du parti en décembre 2024. 

Depuis 2017, le parti concentre les critiques pour son manque d'ancrage local, malgré quelques succès aux récentes élections municipales, à Annecy et Bordeaux.

Vers un retour aux sources ? 

Pour ce dixième anniversaire, les 33.000 adhérents de Renaissance sont invités à faire part de leurs souvenirs marquants et des événements seront organisés dans chacun des comités locaux. 

Plusieurs cadres historiques d’En Marche ont demandé à Gabriel Attal de rebaptiser le parti présidentiel avec son appellation d'origine pour «assumer» son «histoire». 

Dans un courrier daté de lundi destiné au Secrétaire général, les ex ministres Marc Ferracci, Stéphane Travert, et Thani Mohamed Soilihi, le sénateur François Patriat, ainsi qu'une dizaine de députés, jugent «essentiel d’avoir un débat sur le nom du parti lui-même, et non seulement sur le principe d’un changement» et trouvent «sensé de revenir au nom originel du mouvement : En Marche, ou La République en Marche». 

Retrouver l'appellation d'origine témoignerait d'une «forme de cohérence, à rebours des changements incessants qui ont engendré de la confusion dans l’esprit des électeurs, réduisant la lisibilité de notre identité politique, donc de notre action» et «de notre ancrage idéologique», ont-ils soutenu. 

Emmanuel Macron, qui ne peut constitutionnellement se représenter en 2027, n'a cependant pas dit son dernier mot. En juillet 2025, il s'est invité aux dix ans des Jeunes avec Macron, dont la création avait précédé celle d'En Marche, clamant qu'il aurait «besoin d'eux pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans».

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