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Guerre en Iran : sera-t-il bientôt plus compliqué d'emprunter pour les achats immobiliers ?

Les taux d'emprunt immobiliers pourraient augmenter en raison du conflit au Moyen-Orient. [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Malgré une légère embellie au début de l'année, le marché de l'immobilier risque de connaître une nouvelle augmentation de ses taux d'emprunt en raison de la guerre en Iran. Un contexte qui n'est pas sans rappeler l'envolée des taux peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022.

Le marché de l'immobilier et la guerre ne font pas bon ménage, et cela pourrait bien se confirmer lors des prochaines semaines. En effet, des experts économiques annoncent une possible envolée des taux d'emprunt ces prochains mois en raison de la guerre en Iran qui sévit depuis fin février.

Interrogé par nos confrères de LCI, Corinne Jolly, PDG de l'entreprise immobilière PAP confirme cette tendance. «Si les prix de l'essence et du pétrole augmentent significativement et longtemps, ça entraînera une dynamique inflationniste, et alors on risque de revoir le phénomène qu'on a vu avec la guerre en Ukraine : la Banque centrale européenne augmente ses taux directeurs, ce qui entraîne une hausse des taux pour tout le monde, et là il y a un vrai impact sur le marché.»

Ainsi, le marché de l'immobilier risque bien de rester morose, après une légère embellie au début de l'année, les professionnels du secteur tablant alors sur une année fructueuse en matière de transaction immobilière, avec 980.000 ventes attendues en 2026 contre 950.000 l'année dernière. Toutefois, les taux d'emprunt immobilier se situent pour le moment à 3,4%, alors qu'ils étaient à 3,3% en mars, sur des emprunts de 25 ans, encore loin des 4% enregistrés lors des premiers mois du conflit russo-ukrainien.

Le taux d'emprunt de la dette se répercute sur les emprunteurs

Si le lien entre la guerre et nos crédits n'est pas évident à établir, le problème se situe au niveau des taux obligataires, c'est à dire les taux auxquels la France emprunte sur les marchés pour financer sa dette. Or, ils continuent d'augmenter : de 3,3% en janvier, ils sont désormais situés autour de 4%. Une situation inédite depuis la crise des subprimes il y a dix ans. 

Face à cette situation, les banques répercutent ces hausses, ce qui entraîne une augmentation des taux pour les emprunteurs. 

Ainsi, le pouvoir d'achat des ménages est directement impacté par le conflit au Moyen-Orient. Par exemple, pour un ménage qui veut emprunter 200.000 euros, avec une hausse de seulement 0,3 point des taux, c’est entre 10.000 et 15.000 euros de capacité d’emprunt qui s’envolent.

LA CRISE DU LOGEMENT EN FRANCE

Au-delà de la possible augmentation des taux d'emprunt, la problématique réside dans la crise du logement à laquelle la France fait face : la demande de biens est forte alors qu'il n' y a pas assez d'offre sur le marché immobilier. Toutefois, la construction de nouveaux logements est plus difficile à concrétiser en temps de guerre, puisque le prix des matériaux augmente.

Or, cela fait quelques mois que la France fait face à un problème de logement majeur. On peut même parler de crise du logement, avec de plus en plus de personnes qui n'arrivent pas à se loger.

Les jeunes désireux d'être propriétaires malgré les difficultés

Malgré le contexte difficile, 78% des Français affirment qu'ils poursuivront leur projet d'achat immobilier même en cas d'augmentation des taux d'emprunt.

L'accession à la propriété est concentrée aujourd'hui sur les plus âgés. Les plus impactés par la hausse des taux d'emprunt seront sans aucun doute les nouveaux entrants sur les marchés, notamment les plus jeunes. D'ailleurs, un effet boomerang se produit chez les jeunes potentiels acquéreurs de logement, qui n'hésitent pas à retourner chez leurs parents pour épargner afin d'acheter un bien immobilier par la suite.

Un marché immobilier relativement préservé mais pour combien de temps ?

Malgré le contexte géopolitique incertain, les banques continuent de prêter aux futurs acheteurs, même si elles sont plus regardantes sur les capacités des emprunteurs à rembourser leur crédit. Toutefois, les conditions d'emprunt pourraient bien se durcir ces prochains mois selon l'avancée du conflit au Moyen-Orient. Le marché de l'immobilier pourrait même se bloquer en cas de conjoncture économique défavorable.

Alors, pour ceux qui hésiteraient encore à poursuivre leur projet d'achat immobilier, il est encore temps de le faire, l'impact du contexte géopolitique étant pour le moment relatif.

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