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La perspective d’une «guerre ouverte» avec la Russie : la crainte principale du chef d’état-major des armées

Le général Fabien Mandon a été auditionné dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). [Ludovic MARIN / AFP]

Le chef d’état-major des Armées, le général Fabien Mandon, a affirmé ce jeudi, lors d’une audition devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, que la perspective d’une «guerre ouverte» avec la Russie constituait sa «préoccupation première en termes de préparation des armées».

Les propos du général ont retenu toute l’attention des députés réunis ce jeudi 9 avril. Une «guerre ouverte» avec la Russie : tel est le scénario qui inquiète en priorité le chef d’état-major des armées françaises, qui avait déjà alerté ces derniers mois sur le risque d’un affrontement avec Moscou à l’horizon de trois ou quatre ans.

Cette audition, consacrée à l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) visant à renforcer le budget de la défense d’ici à 2030, a été l’occasion de rappeler l’ampleur des capacités militaires russes. «La Russie, en 2025, représente 1,3 million de soldats, avec une projection à 1,9 million en 2030», a détaillé le général Fabien Mandon. 

Il a également précisé que le nombre de chars lourds russes devrait passer de 4.000 en 2025 à 7.000 en 2030. En revanche, le nombre de navires de combat de la marine russe devrait rester stable, compris entre 230 et 240 bâtiments.

Renforcer la défense française en priorité

Ce renforcement de la puissance militaire russe justifie, selon le chef d’état-major, la nécessité d’accroître les moyens de la défense française. Le général Fabien Mandon a insisté sur le caractère «déterminant» de la loi de programmation militaire (LPM) pour la protection des concitoyens, du territoire national et des intérêts français. Le projet de loi d’actualisation de la LPM prévoit ainsi 36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées, en plus des 413 milliards déjà programmés pour la période 2024-2030. 

«Nous sommes dans une période de danger. Il ne faut pas susciter de l'inquiétude, mais juste de l'éveil parce qu'on a besoin de cet investissement de défense», a poursuivi le général Mandon. Selon lui, au-delà de la menace russe, le recours désormais désinhibé à la force, la persistance de la menace terroriste au Proche et au Moyen-Orient, en Asie, comme sur le continent africain, rendent indispensable ce renforcement des capacités militaires françaises. 

L’effort demandé aux armées françaises est d’autant plus important que des incertitudes pèsent désormais sur l’engagement des États-Unis en matière de sécurité européenne. Ces dernières semaines, le président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises le fonctionnement et le rôle de l’OTAN, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. 

Les priorités des Etats-Unis «ne sont pas les mêmes priorités que celles de notre pays ou que celles de notre continent et ils nous alertent depuis des mois en nous disant : "renforcez-vous, nous ne pourrons peut-être pas couvrir vos besoins le jour où vous en aurez besoin"», a conclut le général Fabien Mandon.

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