Après 25 ans d'activité, les restaurateurs de La Fourchette gourmande ont rendu leur tablier. Si le chiffre d'affaires est bon et la réputation excellente, ce sont les conditions de travail qui sont devenues impossibles. En l'espace de trois mois, ils ont subi deux cambriolages, sans parler du point de deal installé juste à côté de leur restaurant.
Face aux dealers, les propriétaires ont baissé le rideau. Pourtant ouvert depuis un quart de siècle, «La Fourchette gourmande» a dit stop.
Si de nombreux restaurateurs mettent la clé sous la porte en raison des factures ou de l'inflation, le couple de gérants de ce restaurant de Saint-Etienne pouvait, lui, se vanter d'un bon chiffre d'affaires et d'une excellente réputation.
Mais en 2026, ils ont cédé, face aux conditions de travail, qui sont devenues impossibles. En l'espace de trois mois, ils ont subi deux cambriolages. Le tout accompagné quotidiennement par du trafic de drogue juste à côté de leur restaurant et de la drogue cachée quotidiennement dans les parties communes.
«Même la police est désemparée»
L'annonce de la fermeture de «La Fourchette gourmande», restaurant apprécié des habitants du quartier, en a touché plus d'un. A commencer par Océane. «J'ai de la peine pour eux, dans le sens où ce sont des gens très bien. Je comprends leur décision, ils ne peuvent pas vivre dans la menace quotidienne», a tenu à souligner cette riveraine, qui a ajouté : «Les dealers font ça dans la rue, ils passent dans les portes d'immeubles, ils cachent leur drogue dedans, à la vue de tous».
Même son de cloche pour un agent immobilier, installé depuis six ans à quelques dizaines de mètres du restaurant. «La situation s'est empirée, les anciens de la bande ont laissé place aux plus jeunes. On a le droit à des crachats sur les vitrines, sur les trottoirs, des bagarres entre eux et avec des passants. Même la police est désemparée, car quand elle vient, elle nous dit qu'elle ne peut rien faire», s'est attristé Victorien Gianella.
Arrivée jusqu'aux oreilles de la mairie, la fermeture du restaurant a affecté mairie comme police, qui regrettent de ne pas avoir été directement informées par les gérants, du trafic de l'immeuble.
Yves Cellier, directeur interdépartemental de la police nationale de la Loire a alors tenu à rappeler : «Si vous voulez que l'on lutte contre un phénomène que vous remarquez, il faut le dénoncer en appelant le 17 ou bien le porter à la connaissance des services de police via la plate-forme masécurité.fr, sur laquelle on peut interagir anonymement».
Les gérants, eux, ont dénoncé l'inaction du bailleur de l'immeuble, notamment face à la porte défaillante, qui a permis aux dealers de prendre leurs habitudes et de pousser à bout les restaurateurs.