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Médecins étrangers hors UE : Emmanuel Macron dénonce «les mabouls» qui «veulent se fâcher avec l'Algérie», Bruno Retailleau lui répond

Au cours d’une visite à l’hôpital de Lavelanet, dans l’Ariège, Emmanuel Macron a regretté ce lundi que des concours soient imposés aux praticiens diplômés hors Union européenne. Ce qui a provoqué une rapide réaction de Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure avec Alger.

En déplacement ce lundi dans l’Ariège pour aborder le sujet de la santé, le chef de l’État n’a pas été tendre et a lâché des mots forts envers les défenseurs d’une position ferme vis-à-vis du pouvoir algérien. Malgré des liens diplomatiques affaiblis entre la France et l’Algérie, le président de la République ne compte pas se mettre à dos le pays d’Afrique du Nord : «Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu'il faudrait se fâcher avec l'Algérie», a lâché le président de la République en visitant l'hôpital de Lavelanet, dans l'Ariège. 

 

Devant un médecin originaire d’Oran (Algérie), Emmanuel Macron a précisément fait savoir son mécontentement face au système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue) : «C’est encore le bordel. C'est un truc qui me rend dingue ! C'est la folie du système français.» 

Le président de la République a déploré qu'on ne leur facilite pas la vie, en leur faisant repasser des concours, alors qu'ils contribuent à la lutte contre les déserts médicaux : «C’est des gens remarquables qu’on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l’hôpital et, le jour où il faut les titulariser (...) on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde», a-t-il pointé. 

Parmi les 19.154 médecins, diplômés à l’étranger hors UE et qui exercent officiellement en France, inscrits au tableau de l’Ordre des médecins, 38,8% ont été diplômés en Algérie, 15,1% en Tunisie et 8,6% en Syrie. Une aide fondamentale pour lutter contre les déserts médicaux qui touchent la France. 

Bruno Retailleau lui répond «calmement mais fermement»

La réponse de Bruno Retailleau ne s'est pas fait attendre : «Aujourd’hui, Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui, comme moi, sont partisans de la fermeté avec l’Algérie, en évoquant notamment les lourdeurs administratives pour les médecins étrangers. Je veux lui répondre calmement mais fermement : ce faux prétexte ne vise qu’à dissimuler les vrais problèmes. Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France, et que le régime d’Alger refuse de reprendre, contrairement aux accords de 1994 que l’Algérie ne respecte toujours pas» a déclaré l'ancien ministre de l'intérieur dans un communiqué. 

Interrogé sur le sujet, Emmanuel Macron assure que ses propos ne visaient pas Bruno Retailleau : «Je ne vise personne. Je suis dans une approche positive» 

Lors de sa visite à l'hôpital de Lavelanet, le chef de l’État en a également profité pour émettre des critiques à l’encontre de la Caisse d'Assurance Maladie (CNAM) : «La CNAM fait le système à l’ancienne. C'est-à-dire, dans la tête de tout le monde, il faut faire de la régulation médicale par l'offre donc, plus on emmerde les gens longtemps, mieux c’est parce que cela nous coûtera moins cher», a poursuivi Emmanuel Macron. «Ce qu’il faut c’est l’inverse (...) On a un système qui marche sur la tête». 

Après cette visite en Ariège, le président de la République se rendra à Andorre pour un déplacement de deux jours.

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