En 2025, l’Assurance Maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes. Parmi les escroqueries les plus répandues figure la falsification d’ordonnances auprès des pharmacies.
Dans les officines, la vigilance est de mise. Depuis quelques années, les pharmacies font face à une arnaque particulièrement bien rodée : la falsification d'ordonnances. Et pour preuve : ces dernières ont coûté 13 millions d'euros à l'assurance maladie en 2024.
L'agglomération de Lyon (Rhône) n'est pas épargnée par ce phénomène : dans une officine de Villeurbanne, une fausse ordonnance est détectée par jour. Les pharmaciens sont ainsi devenus attentifs aux moindres signes permettant de détecter une prescription falsifiée.
«On est confrontés à tous types de fausses ordonnances, d'un très beau montage à une petite modification, avec juste un "2" transformé en "3" pour augmenter les doses, ou sans la contre-signature du médecin, sans le tampon du médecin qui va confirmer la modification», a relaté auprès de CNEWS Olivier Anrès, pharmacien à Villeurbanne.
Jusqu'à 375.000 euros d'amende et 5 ans de prison
Antalgiques, psychotropes, traitements contre le diabète... Ces médicaments sont particulièrement visés par les fraudeurs.
«La sécurité sociale a mis à notre disposition le site qu'on appelle Asafo, sur lequel sont concentrées toutes les ordonnances signalées, vérifiées comme étant fausses. Et puis nous, à Saint-Priest, on a mis en place une boucle WhatsApp et on s'informe très rapidement entre confrères quand on a une ordonnance douteuse», a indiqué Frédéric Viret, pharmacien à Saint-Priest (Rhône).
En cas de fraude à l'ordonnance, la peine peut aller jusqu'à 375.000 euros d'amende et 5 ans de prison.