La fondation Droit d'Enfance a publié un rapport portant sur les signalements de disparitions de mineurs observés en 2025. Selon ce document, plus de 40.000 cas ont été signalés au cours de cette année.
Une progression inquiétante qui rompt avec la tendance à la baisse observée ces dernières années. Ce lundi 25 mai marque la journée internationale des enfants disparus. A cette occasion, la fondation Droit d'Enfance a publié un rapport alarmant sur la situation.
Dans ce document, la fondation relève que le nombre de signalements de disparitions de mineurs a augmenté de 6,4%, en 2025. Au total, 40.953 disparitions de mineurs ont été signalées aux forces de l'ordre en 2025. Cela représente 112 enfants par jour, précise la fondation en charge du 116 000, le numéro d’urgence dédié.
Parmi ce total, les signalements portant sur des disparitions inquiétantes ont bondi de 18,6%, soit 1.629 cas, précise le rapport, qui s’appuie sur les chiffres du ministère de l'Intérieur. Ces données correspondent à des situations où l'intégrité ou la sécurité de l'enfant apparaît menacée. Cela comprend ainsi les cas d'emprise, d'exploitation sexuelle ou de troubles psychiques.
Cette situation est d’autant plus alarmante que ces disparitions inquiétantes concernent une majorité de mineurs de moins de 15 ans. «Ce sont de plus en plus de jeunes enfants qui se retrouvent en situation d'errance et de danger», indique ainsi le porte-parole de la fondation, Julien Landureau.
Une augmentation du nombre de fugues
La hausse globale des signalements de disparitions de mineurs observée est due, en premier lieu, à une augmentation du nombre de fugues. Selon le rapport, celles-ci ont progressé de 6,2% sur un an. Elles représentent plus de 95% du total des signalements effectués auprès des autorités et près de 38% d'entre elles concernent des mineurs de moins de 15 ans.
Un conflit avec les parents, l’emprise d'un tiers ou la recherche d'émancipation sont autant de motifs qui expliquent ces fugues. Si celles-ci peuvent durer quelques heures, d’autres encore peuvent se prolonger plusieurs mois. En conséquence, la fondation rappelle l'importance de signaler le plus tôt possible ce type de situation aux forces de l'ordre. Selon le rapport, deux tiers des jeunes rentrent volontairement ou sont retrouvés dans les premiers jours.
La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a publié un communiqué, lequel exhorte à davantage de prévention. Une fugue «n'est jamais anodine mais peut au contraire révéler une souffrance profonde, une mise en danger ou l'influence d'un tiers. (...) Nous devons mieux prévenir, mieux repérer les signaux faibles», a-t-elle souligné.
Un numéro dédié aux familles
Dans le même temps, les enlèvements parentaux ont, eux, régressés à hauteur de 7,1%. En 2025, ce sont 618 signalements qui ont ainsi été relevés.
Le 116 000 est le numéro d'urgence européen gratuit, accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept en cas de disparition d'enfant. Selon la fondation Droits d’Enfance, le nombre d'appels reçus a augmenté de 18,2%.
Ce numéro offre aux parents une écoute, du conseil juridique ainsi qu'un soutien psychologique. «Notre équipe, constituée de juristes, travailleurs sociaux et de psychologues, vous accompagne lors de la disparition de votre enfant mais également après son retour, précise la fondation». En 2025, le nombre de dossiers ouverts par la cellule de suivi a, lui aussi, progressé à hauteur 6,6%.