Après une énième fusillade à Grenoble ce mardi soir qui a fait un mort, le procureur a dressé un bilan sanglant sur les victimes liées au trafic de drogue.
Dix personnes tuées en six mois. Lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi, le procureur de Grenoble Etienne Manteaux a dressé un bilan sanglant sur les victimes liées au trafic de drogue. La ville, régulièrement au cœur de règlements de comptes, a encore été le théâtre d'une fusillade ce mardi 26 mai où un homme est décédé et quatre personnes blessées.
Les auteurs d'homicides liés au trafic de drogue ont pris l'«habitude dramatique» de «se filmer pour impressionner», a dénoncé mercredi Etienne Manteaux. «Ces faits ont fait l'objet à nouveau d'une forme de revendication», a ajouté le procureur grenoblois en conférence de presse.
Il fait référence à une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où l'on voit le passager d'une voiture, filmé depuis l'intérieur, tirer par la fenêtre. Cette voiture correspondrait à celle qui a brûlé le week-end dernier avec un corps retrouvé à l'intérieur. L'homme décédé mardi soir, âgé de 33 ans, présentait 11 condamnations à son casier judiciaire.
«un pallier franchi»
Le représentant de l'État évoque des «guerres de territoires exacerbées» entre trafiquants de drogues.
À Grenoble, les violences liées au narcotrafic ne datent pas d'hier. «Déjà en 2024, il y avait eu de nombreux tirs sur la voie publique» mais cette fois-ci le constat est clair : «un pallier a été franchi puisque les individus ne tirent plus aujourd'hui pour impressionner mais tirent pour tuer.»
«C'est un défi redoutable que nous posent aujourd'hui les narcotrafiquants avec un recours aussi désinhibé à la violence et avec une organisation aussi difficile à démanteler», a-t-il conclu, évoquant des donneurs d'ordre «potentiellement non résidents sur le territoire national et une capacité, via les réseaux sociaux, à recruter des hommes de main».