Une marche blanche en hommage à Lyhanna doit se tenir ce dimanche 7 juin dans la commune gersoise, où près de 5.000 personnes sont attendues selon un arrêté municipal. Devenues un symbole de soutien aux proches des victimes de drames, les marches blanches se sont multipliées en France depuis le début des années 2000. Mais d’où vient cette expression ?
Près de 5.000 personnes sont attendues ce dimanche 7 juin à Fleurance, dans le Gers, selon un arrêté municipal, pour participer à une marche blanche en hommage à la petite Lyhanna. La jeune fille a été retrouvée sans vie le 4 juin, après plusieurs jours de recherches qui avaient suscité une vive émotion dans la commune et au-delà.
Régulièrement organisées pour rendre hommage aux victimes de faits divers glaçants, les marches blanches sont devenues un moyen courant de communier avec l’émotion du drame et de faire corps, traditionnellement en toute neutralité, autour des proches des victimes. Mais d'où vient cette expression aujourd'hui entrée dans le langage courant ?
Le premier rassemblement de ce type a eu lieu le 20 octobre 1996 en réaction à l’affaire Dutroux en Belgique. Un pays bouleversée par les atrocités sans nom commises par le pédocriminel Marc Dutroux, qui a violé et assassiné plusieurs enfants et adolescentes entre 1995 et 1996.
Afin de leur rendre hommage, les Bruxellois ont organisé un cortège de protestation populaire. «Le 20 octobre 1996 (…), plusieurs centaines de milliers de personnes, mobilisées par des parents d’enfants disparus, se sont réunies en mémoire des victimes de Marc Dutroux et en signe de protestation contre l’incurie des pouvoirs public », explique le philosophe Christian Godin dans la revue «Cités» en 2014.
Deux consignes simples avaient été transmises par les organisateurs, qui désiraient éviter toute récupération politique : le port de blanc et le silence, incarnant la neutralité, la paix et la dignité. L’événement était parvenu à rassembler plus de 300.000 personnes.
«UNE MARCHE BLANCHE N’EST PAS UNE RÉUNION POLITIQUE»
Les médias belges ont alors traité ce rassemblement en le nommant «marche blanche» et l’expression s’est alors répandue. Aux quatre coins du globe, les regroupements adoptant les mêmes codes se sont depuis multipliés pour rendre hommage aux morts.
Ce type d’événement est défini par Christian Godin comme une «marche organisée autour de la mort d’une victime de faits divers, principalement lorsque celle-ci est un enfant, un adolescent, ou une femme, lorsqu’elle a succombé à une action des forces de l’ordre ou encore lorsque les circonstances de sa disparation n’ont pas encore été élucidées».
Plus qu’une simple réaction, les marches blanches constituent un fait de société, selon le philosophe. Leurs codes ont été intégrés et la neutralité, notamment politique, est restée un impératif central de ces rassemblements.
«Une marche blanche n’est pas une réunion politique» avait déclaré en 2018, le fils de Mireille Knoll, l’octogénaire victime d’un assassinat antisémite, alors que le CRIF avait ordonné à Jean-Luc Mélenchon de ne pas se rendre au rassemblement organisé en mémoire de Madame Knoll.
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