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«Tout à fait possible» : le Royaume-Uni pourrait réintégrer l’Union européenne en conservant son statut particulier, estime Michel Barnier

Les clauses d’exemption dont bénéficiait autrefois le Royaume-Uni pourraient être renégociées. [Adrian DENNIS / AFP]

Alors que la perspective d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne ressurgit, le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, est revenu sur les éventuelles modalités de négociation.

Une nouvelle union en perspective ? Il y a bientôt dix ans, les citoyens britanniques votaient par référendum en faveur du Brexit, entamant une procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne qui ne fut actée qu’en 2020. A l’approche du dixième anniversaire de ce vote historique, l’heure est à l’état des lieux. 

Le Brexit a entraîné une telle variété de conséquences qu’un consensus peine à émerger. Quand certains louent une souveraineté retrouvée, d’autres pointent des effets délétères causés sur l’économie. Ce bilan contrasté a fait germer l’idée d’un «Breturn», un retour du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. 

Cette idée a été évoquée par nombre d’acteurs politiques, à commencer par le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier. A l’occasion d’un entretien accordé au Guardian, l’ancien Premier ministre a estimé qu’une union en secondes noces pouvait advenir. 

«Je pense que jour après jour, les Britanniques constateront que le monde actuel est plus dangereux, plus fragile, plus instable, et que nous ne pouvons pas rester seuls», a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien britannique.

Entre concessions et compromis

D’aucuns regardent pourtant cette perspective avec circonspection, craignant que le Royaume-Uni ne perde au change. Michel Barnier balaye ces craintes, jugeant «tout à fait possible» que Londres puisse réintégrer l’Union européenne en conservant le statut particulier dont elle bénéficiait avant le divorce. Les clauses d’exemption qui permettaient auparavant au Royaume-Uni de ne pas adhérer à l'euro ou à l'espace Schengen pourraient donc être renégociées.

Reste toutefois la question du rabais britannique, un mécanisme de correction du budget européen obtenu en 1984 par le gouvernement de Margaret Thatcher. Celui-ci permettait de réduire la contribution financière du Royaume-Uni à l’Union européenne. 

Lors d’éventuelles négociations pour un «Breturn», le sujet serait certainement remis sur la table. Pour cause, la suppression de ce mécanisme a longtemps été réclamée du temps où il était effectif, certains États membres le jugeant inéquitable. Michel Barnier estime ainsi que le Royaume-Uni pourrait avoir à renoncer à ce rabais pour rejoindre les 27. «La solidarité est l'ADN de l'Union européenne», a-t-il fait valoir. 

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