Grande-Bretagne : l'extradition d'Abou Hamza suspendue

Abou Hamza s'adresse à ses militants regroupés près de la mosquée de Finsbury Park, le 26 mars 2004 [Odd Andersen / AFP/Archives] Abou Hamza s'adresse à ses militants regroupés près de la mosquée de Finsbury Park, le 26 mars 2004 [Odd Andersen / AFP/Archives]

La procédure d'extradition vers les Etats-Unis pour terrorisme d'Abou Hamza a été suspendue mercredi après un recours de dernière minute introduit par l'islamiste devant la Haute Cour de Justice de Londres, énième rebondissement d'une saga judiciaire qui dure depuis huit ans.

Deux jours après avoir été débouté par la Cour européenne des droits de l'Homme, l'ancien imam de la mosquée londonienne de Finsbury Park s'est pourvu avec un autre de ses coaccusés, Khaled Al-Fawwaz, devant la Haute Cour pour tenter d'empêcher sa remise aux autorités judiciaires américaines.

Un juge de la haute juridiction britannique a aussitôt "examiné" la requête des deux islamistes. Et il a "émis des injonctions temporaires empêchant leur expulsion", en attendant la tenue d'une audience sur le fond mardi, a précisé le bureau des affaires judiciaires.

Juste avant l'annonce de la suspension de l'extradition, le ministère britannique de l'Intérieur avait rappelé que la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait donné lundi "son feu vert" à cette procédure. Il avait affirmé son intention de "continuer à travailler pour s'assurer qu'ils (Hamza et Al-Fawwaz) soient remis aux autorités américaines aussi vite que possible".

La CEDH avait débouté lundi Hamza, Al-Fawwaz et trois autres terroristes présumés qui bataillent contre leur expulsion vers les Etats-Unis.

Les cinq hommes avaient fait valoir devant la CEDH que leur incarcération probable dans un "pénitencier américain de sécurité maximum", ainsi que la réclusion à vie sans libération conditionnelle à laquelle ils sont exposés s'apparenteraient à un "traitement dégradant ou inhumain".

Mais la Cour de Strasbourg a estimé que les lourdes peines de prison encourues par les suspects aux Etat-Unis n'étaient "pas grossièrement disproportionnées" eu égard aux faits qui leur sont reprochés.

Borgne et manchot, Abou Hamza, qui bataille depuis huit ans contre son extradition, est notamment accusé par Washington d'avoir pris part à l'enlèvement de seize touristes occidentaux au Yémen en 1998, dont quatre sont morts lors d'une opération militaire pour les libérer.

Il aurait aussi facilité la mise en place d'un camp d'entraînement terroriste aux Etats-Unis en 2000-2001 et aidé à financer des candidats au "jihad" désireux de se rendre au Proche-Orient pour s'entraîner à des actes terroristes.

Hamza, qui est né en Egypte et est aujourd'hui quinquagénaire, est visé en tout par onze chefs d'accusation liés au terrorisme.

L'ex-imam de la mosquée de Finsbury Park, où il prêchait en faveur d'Oussama ben Laden, a été arrêté en 2004, à la suite de la demande d'extradition des Etats-Unis.

Il purge une peine de sept ans de prison en Grande-Bretagne, où il a été condamné en février 2006 pour incitation au meurtre et à la haine raciale.

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