Le G8 accouche d'un accord a minima sur le dossier syrien

Réunion de travail des dirigeants du G8. [JEWEL SAMAD / AFP]

Après deux jours de dures tractations, le sommet du G8 a accouché mardi d'un accord a minima sur la Syrie, appelant à l'organisation "dès que possible" d'une conférence de paix, mais laissant en suspens toutes les questions clés pour le règlement du conflit.

Avec ses formulations floues ou ambigües, la déclaration finale du G8 sur la Syrie reflète les profondes divergences entre Moscou, soutien indéfectible du régime de Damas, et les Occidentaux, qui appuient l'opposition syrienne.

Au sommet de Lough Erne, en Irlande du Nord, les Occidentaux d'un côté et le président russe Vladimir Poutine de l'autre se sont écharpés sur la Syrie, multipliant critiques et piques réciproques.

"Parvenir à un accord n'a pas été facile", a reconnu le Premier ministre britannique David Cameron, hôte du sommet, évoquant des discussions "franches" entre les dirigeants.

Le président Russe Vladimir Poutine au G8 organisé en Irlande du Nord, le 18 juin 2013 [Matt Dunham / POOL/Pool/AFP]
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Le président Russe Vladimir Poutine au G8 organisé en Irlande du Nord, le 18 juin 2013
 

A peine le sommet terminé, Vladimir Poutine a d'ailleurs de nouveau évoqué la possibilité pour son pays de livrer de nouvelles armes au régime syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu au G8.

"Nous restons engagés à trouver une solution politique à la crise", indique le G8 dans sa déclaration, affirmant sa détermination à l'organisation "dès que possible" de la conférence dite de Genève 2, dans les limbes depuis son annonce début mai par Moscou et Washington. Cette conférence, censée rassembler autour d'une même table des représentants des belligérants syriens, devra permettre la mise en place d'"un gouvernement transitoire formé par consentement mutuel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs", souligne le texte.

Cette formule avait déjà été actée il y a un an au cours d'une première réunion à Genève, mais n'a jamais été mise en oeuvre car elle ne précise pas le sort du président syrien Bachar al-Assad, dont le départ est réclamé par l'opposition.

Réunion du G8 entre la délégation américaine (G) et la délégation française (D), le 18 juin 2013 en Irlande du Nord [Bertrand Langlois / AFP]
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Réunion du G8 entre la délégation américaine (G) et la délégation française (D), le 18 juin 2013 en Irlande du Nord
 

Si la déclaration du G8 laisse la porte ouverte à un avenir pour les forces de sécurité, notamment militaires, du régime, qui "doivent être préservées ou rétablies", il est "impensable qu'Assad joue un quelconque rôle dans l'avenir de son pays", a martelé M. Cameron.

Or, les Russes ont répété à Lough Erne que "seuls les Syriens" pouvaient décider de l'avenir de leur pays.

Et dans un entretien mardi avec le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Bachar al-Assad a affirmé que quitter le pouvoir dans le contexte actuel serait une "trahison nationale".

 

Le Premier ministre britannique David Cameron au sommet du G8 en Irlande du Nord, le 18 juin 2013 [Matt Cardy / POOL/AFP]
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Le Premier ministre britannique David Cameron au sommet du G8 en Irlande du Nord, le 18 juin 2013
 

Menace terroriste et armes chimiques

Le G8 a par ailleurs pris acte du poids des jihadistes dans la rébellion, s'inquiétant de "la menace grandissante du terrorisme et de l'extrémisme en Syrie et de la nature de plus en plus intercommunautaire du conflit". Une formule sur laquelle pourra s'appuyer le régime syrien, qui n'a de cesse de répéter qu'il lutte contre des "terroristes".

Enfin, les dirigeants du G8 ont condamné "tout usage d'armes chimiques en Syrie" et demandé l'accès de la mission d'enquête de l'ONU au territoire syrien, que Damas a jusqu'à présent refusé.

La question des armes chimiques est revenue sous les projecteurs ces deux dernières semaines, Paris, Londres puis Washington ayant accusé le régime d'avoir utilisé du gaz sarin (un liquide volatil neurotoxique). Moscou n'a pas jugé ces preuves convaincantes, mais a finalement souscrit à la condamnation générale contenue dans la déclaration.

Le conflit en Syrie a fait 93.000 morts depuis mars 2011, selon l'ONU, et il y a désormais plus d'1,6 million de réfugiés.

 

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