Rohani prend ses fonctions

Le nouveau président iranien Hassan Rohani (d), le 2 août 2013 à Téhéran [Atta Kenare / AFP] Le nouveau président iranien Hassan Rohani (d), le 2 août 2013 à Téhéran [Atta Kenare / AFP]

Hassan Rohani, un religieux modéré prônant le dialogue, a pris officiellement samedi ses fonctions de président d'Iran, se donnant comme priorité d’œuvrer pour lever les sanctions "injustes" imposées à son pays en raison de son programme nucléaire controversé.

La cérémonie d'investiture a eu lieu dans une Husseiniyeh, un lieu de culte chiite, chez le guide suprême de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, le véritable numéro un du régime, en présence des hauts responsables du pays.

"Le choix d'un homme compétent qui a servi pendant trois décennies l'establishment (islamique) et a résisté face aux ennemis en tant que religieux témoigne d'un message de fidélité au régime et de confiance au clergé", a écrit le guide dans le décret d'investiture lu par son chef de cabinet.

Elu le 14 juin dès le premier tour avec 51% des voix pour un mandat de quatre ans, M. Rohani, 64 ans, est devenu le septième président de la République islamique.

Il succède à Mahmoud Ahmadinejad, dont les huit années de présidence ont été marquées par de nombreuses tensions avec l'Occident, en particulier sur le dossier nucléaire.

Le nouveau président a prôné une "entente constructive avec le monde" pour régler cette crise et obtenir la levée progressive des sanctions économiques occidentales qui frappent durement l'économie de son pays.

Du fait des sanctions, l'Iran a vu ses revenus pétroliers passer de plus de 100 milliards de dollars à moins de 50 milliards entre 2011 et 2012, la valeur de sa monnaie chuter et l'inflation dépasser les 40%.

"Le gouvernement va œuvrer pour sauver l'économie, relancer l'entente constructive avec le monde, faire de nouveaux pas pour la grandeur de l'Iran, assurer les intérêts nationaux et lever les sanctions injustes" imposées au pays, a déclaré M. Rohani dans un discours retransmis en direct par la télévision d'Etat après son investiture.

Ce fidèle du régime et du guide suprême devrait présenter, probablement dimanche selon les médias locaux, son gouvernement formé essentiellement de technocrates expérimentés. Selon la loi, il a deux semaines pour présenter ce gouvernement au Parlement, qui aura alors 10 jours pour voter la confiance.

Hassan Rohani, le 5 mars 2013 à Téhéran [Atta Kenare / AFP/Archives]
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Hassan Rohani, le 5 mars 2013 à Téhéran
 

Quelques jours après son élection, M. Rohani avait promis encore plus de "transparence" dans le programme nucléaire, pour prouver sa nature pacifique, toute en rejetant une suspension de l'enrichissement d'uranium exigée par l'Occident et Israël, qui accusent Téhéran, malgré ses dénégations, de chercher à fabriquer l'arme nucléaire.

L'élection de M. Rohani avait été plutôt bien accueillie par la communauté internationale, qui veut y voir un espoir d'assouplissement dans la politique de Téhéran.

Négociateur nucléaire en chef entre 2003 et 2005 sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami, il avait accepté la suspension de l'enrichissement d’uranium et l'application du protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), ce qui lui avait valu le respect des Occidentaux.

Portant un turban blanc et une barbe grisonnante, M. Rohani est proche de l'ex-président modéré Akbar Hachémi Rafsandjani, qui avait appelé, tout comme M. Khatami, à voter pour lui.

Alors que M. Ahmadinejad a multiplié les attaques contre Israël, en mettant en cause la réalité de l'holocauste ou en affirmant que ce pays allait "disparaître", M. Rohani y est aussi allé de sa diatribe contre l'"ennemi" vendredi, à l'occasion d'une journée de solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.

"Dans notre région, une blessure a été créée depuis des années dans le corps du monde islamique sous l'ombre de l'occupation de la terre sacrée de Palestine et de notre cher Qods (Jérusalem)" par Israël, a-t-il affirmé.

Israël a aussitôt dénoncé ces propos en estimant que le président avait "changé en Iran mais pas le but du régime de fabriquer l'arme nucléaire afin de menacer (...) la sécurité du monde entier".

L'Iran ne reconnaît pas l'existence d'Israël et soutient les mouvements islamistes palestiniens et le groupe chiite Hezbollah qui lui sont hostiles.

Dimanche, M. Rohani doit prêter serment devant le Parlement lors d'une cérémonie pour laquelle l'Iran a invité, pour la première fois, des dirigeants étrangers, dont une dizaine de chefs d'Etat de la région et Javier Solana, ancien chef de la diplomatie européenne.

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