Ils ne croient pas en la culpabilité d'al-Assad

Un rebelle syrien passe un masque à gaz, dans la province d'Idlib, le 18 juillet 2013 [Daniel Leal-Olivas / AFP/Archives]

Le régime de Bachar al-Assad a autorisé dimanche les experts de l’ONU à enquêter sur l’éventuel usage d’armes chimiques mercredi dernier dans la région de la Ghouta orientale, au sud-ouest de Damas. Si la majorité des puissances occidentales - la France comprise - penchent pour en imputer la responsabilité aux forces pro-gouvernementales, d’autres voix s’inscrivent en faux et mettent en cause une possible action des rebelles.

 

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Ce scénario qui, en l’absence de preuve formelle ou de conclusion menée par un organisme indépendant ne peut encore être éludé, est celui que privilégient  la Russie et l’Iran. Tout comme Damas, ces deux pays sont convaincus de l’éventualité d’une machination des combattants de l’ASL (Armée syrienne libre) – principale force armée opposée au régime en place – et de ses alliés. 

"Si l’information concernant l’utilisation d’armes chimiques est exacte, très certainement elles ont été utilisées par les groupes terroristes et takfiris qui ont montré qu’ils ne reculeraient devant aucun crime. Alors que le gouvernement syrien est en train de faire reculer les terroristes, comment pourrait-il commettre un tel acte ?", explique le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif.

 

Hans Blix lui aussi sceptique

De son côté, la diplomatie russe penche même pour la thèse d’une gigantesque manipulation de l’ASL. "Selon des messages circulant sur Internet, des documents consacrés à cet incident et rejetant la responsabilité sur les troupes gouvernementales ont été mis en ligne quelques heures avant l’attaque présumée. Il s’agit donc d’une action projetée à l’avance", a déclaré vendredi Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russes.

Sans être aussi affirmatif, le diplomate et juriste suédois Hans Blix - ancien directeur générale de l’Agence internationale de l’Energie atomique, puis responsable des inspecteurs de l'ONU envoyés en Irak à la recherche d'ADM avant le déclenchement de la guerre contre Saddam Hussein - semble également sceptique face à cette hypothèse, alors même que des experts de l’ONU se trouvaient en Syrie au moment de l’attaque et que la menace d’une intervention de l’Occident en Syrie s’accentue.

"Je vois mal le régime avoir utilisé des armes chimiques car cela augmenterait la pression d’une intervention externe", a-t-il dit à RFI.

En mai 2013, Carla Del Ponte, ancien procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et membre de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie, avaient été l’une des premières à accuser les forces rebelles d’avoir utilisé des armes chimiques depuis l'éclatement au printemps 2011 de la guerre civile syrienne.

"Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu’à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé du gaz sarin", avait-elle déclaré à une radio de son pays. A l’époque, ces déclarations avaient suscité le tollé et la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie, l’avait même désavouée.

 

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