Soldats et kibboutzniks se méfient à l'heure de la trêve

Une colonne de blindés israéliens longent la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 5 août 2014, après avoir quitté l'enclave palestinienne [Thomas Coex / AFP] Une colonne de blindés israéliens longent la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 5 août 2014, après avoir quitté l'enclave palestinienne [Thomas Coex / AFP]

Près de la frontière avec la bande de Gaza, Orly Doron, mère d'un jeune soldat israélien, est partagée entre le soulagement et la peur que le cessez-le-feu ne dure pas.

Elle vit dans le kibboutz de Kfar Aza, tout près de la frontière avec Gaza. Son fils a combattu de l'autre côté de la frontière, à l'intérieur du territoire palestinien.

Mais les armes se sont tues mardi après une guerre de presque 30 jours qui a fait plus de 1.900 morts. Israël et le Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle la bande de Gaza, ont accepté avec la médiation égyptienne et américaine un cessez-le-feu de 72 heures qui semblait pour la première fois pouvoir tenir.

Kfar Aza a essuyé à plusieurs reprises les tirs d'obus de mortier et de roquettes venus de la bande de Gaza.

C'est précisément pour faire cesser ces tirs et pour détruire les tunnels permettant aux combattants du Hamas de mener des incursions sur son sol qu'Israël a déclenché une nouvelle guerre le 8 juillet et que ses soldats sont entrés dans l'enclave le 17, avant de s'en retirer mardi.

- "Jamais confiance au Hamas " -

Mais Orly Doron a du mal à croire que ce nouveau cessez-le-feu signifie la fin des tirs venus de Gaza.

"Je ne fais jamais confiance au Hamas, nous ne faisons pas confiance au Hamas", dit-elle à l'AFP. "Des cessez-le-feu, on en a déjà eu trois ou quatre pendant cette guerre, on a tous vu qu'ils ne les respectaient pas".

Elle est venue voir son fils au moment où il repassait la frontière pour retourner à la caserne. Des dizaines de chars poussiéreux, dont certains arborent le drapeau palestinien, stationnent dans un champ à quelques kilomètres de la frontière.

Des soldats fument et plaisantent ou s'activent sous le soleil, tandis que d'autres blindés et des camions soulèvent encore plus de poussière en passant sur la route qui les éloigne de Gaza.

Des soldats israéliens jouent aux cartes à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 5 août 2014, après s'être retirés de l'enclave palestinienne [Davide Buimovitch / AFP]
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Des soldats israéliens jouent aux cartes à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 5 août 2014, après s'être retirés de l'enclave palestinienne

Ces soldats sont parmi les derniers à se retirer par là. Lundi, les routes étaient embouteillées de véhicules militaires. L'armée a parlé de redéploiement, avant d'annoncer, une fois le retrait effectué, qu'il n'y avait plus de soldat israélien dans l'enclave palestinienne.

- Israela n'a pas peur -

Interrogé sur la trêve, un officier de cette unité blindée se montre réservé. "Mon boulot, ce n'est pas de me préoccuper de ça. Mon boulot, c'est de me tenir prêt", dit-il en haussant les épaules.

Est-il prêt à retourner au combat ? "Evidemment, toujours".

A une station-service, d'autres soldats en transit, l'uniforme olive imprégné de sueur, le fusil en bandoulière, ont pris place autour d'une table.

Un peu à l'écart, Israela Yoed, 71 ans, prend un café. Elle vit au kibboutz de Nahal-Oz, à 500 mètres de la frontière, et fait partie des rares qui ne l'ont pas fui quand les soldats israéliens se sont installés dans les environs pour bombarder l'autre côté de la frontière.

"Il y avait des milliers de soldats dans nos champs", rapporte-t-elle.

Israela Yoed non plus ne fait pas confiance au Hamas. Mais elle croit "à 80%" que, cette fois, le cessez-le-feu va tenir. Et elle veut espérer une solution durable au conflit.

"Je crois que les choses peuvent s'arranger par la négociation", dit-elle. Mais si le cessez-le-feu vole en éclat et que les soldats israéliens reprennent position autour de chez elle, "je ne bougerai pas, je n'ai pas peur".

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