"La stratégie d'alliance d'Ennahdha pourrait s'avérer efficace"

Des partisans d'Ennahdha à Tunis.[FETHI BELAID / AFP ]

Abderrazzek Hammami est le secrétaire général du Parti du Travail Patriotique et Démocratique (PTPD), formation politique tunisienne qui fait partie de l’Union pour la Tunisie (UPT), coalition ancrée au centre et à gauche. Alors que les résultats des élections législatives seront connus dimanche, il répond aux questions de DirectMatin.fr.

 

Une étude du think tank américain Pew Research Global Attitudes Project montrait récemment que 48% des Tunisiens étaient favorables à la démocratie. Ils étaient 63% en 2012. Faut-il s’inquiéter des résultats de ce sondage ?

Les récentes montées du chômage, du taux de pauvreté et du terrorisme ont fait douter les Tunisiens. Malgré cela, nous, forces politiques, essayons d’expliquer aux citoyens que la démocratie est l’unique solution pour ne plus revivre la dictature que l'on a tous subie sous Ben Ali.

C’est une bataille difficile mais les Tunisiens doivent comprendre que leur avenir ne peut passer que par la démocratie et le progrès.

 

Dans quelle position les islamistes d’Ennahdha abordent-ils cette élection ?

Selon les estimations de vote, Ennahdha est clairement en régression. Néanmoins, pour ces législatives, le parti islamique a opté pour une stratégie d’alliance qui pourrait s’avérer efficace. Son chef Rached Ghannouchi a poussé des parties satellites et des dizaines de liste soi-disant indépendantes à s’allier à lui. Il a ratissé large.

Malheureusement, Nida Tounès, le principal parti opposé à Ennahdha, a choisi une approche différente et préféré faire cavalier seul plutôt que de solliciter de larges alliances.

 

Est-ce que vous regrettez qu’il n’y ait pas eu de consensus entre les grandes forces démocratiques du pays ?

Tout à fait, d’autant qu’il y a un vrai danger que Ennahdha et ses alliés sortent vainqueurs de ces législatives.

Car en Tunisie, le mode de gouvernance est parlementaire. Cela signifie que ce sont le parti majoritaire à l’assemblée constituante et ses partis alliés qui sont amenés à désigner le chef du gouvernement.

Et c’est évidemment ce dernier qui détient la majorité des prérogatives de l’exécutif.

 

Quels sont les attentes de l’UPT pout ces législatives ?

Nous attendons entre 3 et 5 élus pour le PTPD. Concernant l’UPT, nous espérons que nos camarades d’Al Massar et les listes indépendantes avec qui nous sommes alliés, réussiront à pourvoir entre 15 et 20 sièges.

 

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