Bochurberg : "le travail de mémoire sur Auschwitz est important"

Ce 27 janvier 2015 sont commémorés les 70 ans de la libération d'Auschwitz.[©NickPerrone (CC)]

Fils de déporté, Claude Bochurberg recueille depuis 30 ans le témoignage des déportés survivants des camps nazis, des orphelins de la Shoah, des enfants cachés et des combattants-résistants. Pour Direct matin, il parle du 70e anniversaire de la libération d'Auschwitz.

 

Pourquoi le camp de concentration d'Auschwitz est-il devenu le symbole de la Shoah ?

La seule évocation du nom "Auschwitz" signifie l'extermination massive de plus d'un million de personnes, dont une grande partie de juifs (Plus de 900 000, ndlr). De plus, le fait que les installations (chambres à gaz, baraquements) soient encore en place le distingue des autres.

 

C'était important d'en faire un musée, un lieu de mémoire ?

Ce travail de mémoire est important. Une mémoire pas seulement tournée vers le passé, mais qui doit servir dans le présent et le futur, pour s'opposer à toute forme de totalitarisme. Ce rendre à Auschwitz, c'est pour chacun un voyage citoyen. Pour les juifs, c'est une nécessité de venir se recueillir en ces lieux. 

 

Quelques jours après les meurtres de l'Hyper Casher, cette anniversaire revêt une tout autre importance ? 

C'est paradoxal. Alors qu'il n'y a jamais eu autant d'efforts pour transmettre la mémoire de la Shoah, on assiste à une recrudescence de l'antisémitisme. Pour y remédier il est impératif que cette mémoire soit préservée. La Shoah a existé, il y a un risque que cela recommence.

 

Personnellement, pourquoi vous êtees vous investi dans cette cause ?

Fils de déporté, j'ai pris réellement conscience de l'histoire de mon père lors de la parution du "Mémorial de la déportation des Juifs de France", publié par Serge Klarsfeld en 1978. A partir de ce moment-là, j'ai entamé une démarche personnelle pour exorciser la douleur. Une démarche qui est vite devenue collectives. C'est un travail de mémoire et de justice par rapport à tous les collaborateurs et les criminels nazis. Auteur de nombreux ouvrages sur la Shoah, Claude Bochurberg a publié récemment "Souffler sur les braises pour que revivent les ombres", (Editions A.J. Presse), dans lequel il revient sur les traces de son oncle, de sa tante et de leur fils âgé de 7 ans déportés à Auschwitz, ainsi que sur celle de son père, assassiné dans les Pays Baltes.

 

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