La compagne de Nemtsov se dit retenue en Russie

Boris Nemtsov a été tué près du Kremlin.[©DmitrySereyakov/AFP]

La compagne ukrainienne de l'opposant russe Boris Nemtsov, tué par balles à Moscou, s'est plainte lundi d'être retenue en Russie, sa mère ayant de son côté appelé à l'aide les autorités de Kiev craignant pour la sécurité de sa fille.

 

Ganna Douritska, mannequin ukrainienne de 23 ans habitant à Bila Tserkva, à 70 kilomètres de Kiev, se trouvait avec Boris Nemtsov sur un pont à deux pas du Kremlin lorsque ce dernier a été assassiné par balles vendredi.

"Les enquêteurs m'interrogent et ne me disent pas quand je serai libérée et pourquoi ils me retiennent ici. On m'explique que c'est pour des raisons de sécurité", a déclaré la jeune femme dans une interview à la chaîne d'opposition russe Dojd.

 

"Je ne sais pas qui a fait ça"

La jeune femme, qui affirme se trouver "dans l'appartement d'un ami à Moscou", a par ailleurs reconnu être "dans un état psychologique très difficile" et "se sentir mal".

Elle s'est refusée à évoquer les hypothèses à propos du meurtre : "Je ne pense rien (...) je ne sais pas qui a fait ça".

 

Ganna Douritska sous protection

"Je ne sais pas comment l'assassin s'est approché, il était derrière moi", a-t-elle dit. "Je veux rentrer à la maison, chez ma mère, mais je suis sous protection et on ne m'autorise pas à sortir".

"J'ai le droit de quitter la Russie, je ne suis pas un suspect. Je suis témoin et j'ai donné toutes les informations que j'avais, j'ai tout fait pour aider l'enquête", a-t-elle assuré.

 

La mère craint pour sa sécurité

Interrogée par la télévision ukrainienne, la mère de Ganna, Inna, a de son côté dit craindre pour la sécurité de sa fille.

"Je pense qu'ils veulent la piéger, faire d'elle une coupable", a-t-elle dit dans une interview à la chaîne 1+1.

 

"Elle est innocente"

Inna Douritska affirme que les enquêteurs russes veulent lier le meurtre de Boris Nemtsov à la crise ukrainienne alors que l'opposant avait dénoncé quelques heures avant sa mort "l'agression" du président russe Vladimir Poutine en Ukraine, où le conflit dans l'est séparatiste prorusse a fait 6.000 morts en dix mois.

"J'en appelle au président ukrainien et au ministère des Affaires étrangères afin qu'ils aident à faire revenir ma fille à la maison. Elle est innocente", a lancé Mme Douritska.

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