Tensions entre réfugiés en Allemagne

Des policiers devant le centre d'enregistrement des réfugiés à Hambourg en Allemagne, le 1er octobre 2015 [Daniel Reinhardt / DPA/AFP] Des policiers devant le centre d'enregistrement des réfugiés à Hambourg en Allemagne, le 1er octobre 2015 [Daniel Reinhardt / DPA/AFP]

L'Allemagne a fait état jeudi de nouvelles violences dans deux foyers d'accueil après un nouvel afflux record de migrants en septembre, tandis que l'ONU s'attend à une accentuation de la crise migratoire européenne en 2016.

 

A Hambourg (nord), la police a dû intervenir à trois reprises dans la nuit de mercredi à jeudi pour rétablir le calme dans deux foyers de demandeurs d'asile après des affrontements notamment entre Syriens et Afghans. C'est un incident mineur, le vol du téléphone portable d'un jeune homme de 19 ans, qui a dégénéré en dispute avec l'auteur présumé du larcin, un Irakien de 23 ans, illustrant les tensions qui règnent dans des centres d'accueil débordés. Ceux-ci doivent gérer des migrants souvent traumatisés par la guerre et confrontés à la promiscuité. Dans ce foyer, une rixe s'en est suivie avec d'autres habitants munis de lattes de bois et de balais, obligeant des dizaines de policiers à intervenir.

Selon des médias allemands, deux cent Syriens et Afghans se sont affrontés alors que certains voix en Allemagne réclament de séparer les migrants selon leur religion et s'offusquent ouvertement de la multiplication des conflits dans les centres. Dans un autre foyer du grand port allemand, trois réfugiés en sont venus aux mains avant que d'autres occupants des lieux ne se solidarisent avec eux sans que l'origine du conflit ne soit claire. Trois personnes, un Afghan de 16 ans et deux jeunes Syriens de 16 et 18 ans, ainsi qu'un employé d'une société de sécurité ont été soignés pour des blessures superficielles.

Un syndicat de la police, qui réclame depuis des semaines des renforts pour faire face à l'afflux inédit de réfugiés, a insisté sur le fait qu'il ne s'agit "pas de bagarres anodines lors de la distribution des repas".

 

"Combats musclés" et "conflits religieux"

"Ce sont des combats musclés pour avoir le pouvoir dans ces foyers de demandeurs d'asile", a dénoncé Rainer Wendt, président du Syndicat allemand de la police, évoquant des "conflits religieux, inter-ethniques" et même la présence "de criminels qui cherchent une domination sur les autres".

Des policiers devant le centre d'enregistrement des réfugiés à Hambourg en Allemagne, le 1er octobre 2015 [Daniel Reinhardt / DPA/AFP]
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Des policiers devant le centre d'enregistrement des réfugiés à Hambourg en Allemagne, le 1er octobre 2015
 

 

En Allemagne où un record de 270.000 à 280.000 réfugiés sont arrivés pour le seul mois de septembre --soit plus que pour l'ensemble de 2014--, les hébergements d'urgence semblent atteindre leurs limites.Des gymnases aux casernes de l'armée en passant par des camps de tentes, les migrants s'entassent dans des conditions précaires, souvent sans la moindre possibilité d'intimité ou d'espace privé.

En Grèce, où depuis le début de l'année plus de 310.000 réfugiés sont arrivés en provenance de Turquie, d'anciens sites des jeux Oympiques de 2004, abandonnés de longue date, servent désormais d’hébergement.

 

Afflux plus important attendu en 2016

Environ 800 personnes selon la police, surtout des familles afghanes qui campaient sur une place d'Athènes, ont été conduites au site de Galatsi, dans la banlieue ouest de la capitale, où ont eu lieu les compétitions de table de tennis.

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a prévenu que la crise migratoire sans précédent que connaît l'Europe ne devrait pas s'arrêter de sitôt. Le HCR prévoit désormais que 700.000 migrants vont trouver refuge cette année via la Méditerranée, et qu'ils seront au moins aussi nombreux en 2016.

Mais ce chiffre ne tient pas compte de tous les migrants qui arrivent par d'autres voies. L'Allemagne à elle seule attend cette année jusqu'à un million de migrants car un nombre considérable d'entre eux est originaire des pays des Balkans, comme l'Albanie ou la Serbie.

Embarcation de réfugiés et migrants au large de l'île grecque de Lesbos, le 30 septembre 2015 [Aris Messinis / AFP]
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Embarcation de réfugiés et migrants au large de l'île grecque de Lesbos, le 30 septembre 2015
 

 

Face à cet afflux, la Hongrie, partisane d'une ligne très dure dans ce dossier et qui a décidé de se "barricader", continue d'installer des barbelés le long de la clôture grillagée érigée à Beremend, à la frontière avec la Croatie.

Budapest veut rendre étanche sa frontière avec la Croatie par où arrivent désormais les réfugiés qui ne peuvent plus entrer par la Serbie depuis la mi-septembre.

Cette situation s'accompagne de tels drames humains que des conducteurs d'un syndicat français d'Eurotunnel ont lancé un appel à l'aide. Ils se disent "hantés" par les décès des migrants aux abords du Tunnel de la Manche en tentant de rallier l'Angleterre.

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