Assad : la Russie et ses alliés doivent réussir ou "la région sera détruite"

Une capture d'écran montre Bachar al-Assad le 4 octobre 2015 lors d'une interview télévisée [HO / IRIB/AFP] Une capture d'écran montre Bachar al-Assad le 4 octobre 2015 lors d'une interview télévisée [HO / IRIB/AFP]

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde dimanche contre la destruction de la région du Moyen-Orient en cas d'échec de la coalition de la Russie et de ses alliés contre "les groupes terroristes" dans son pays.

 

Dans un entretien à la télévision iranienne Khabar qui l'interrogeait sur les chances de succès de la coalition entre la Russie, le régime syrien, l'Iran et l'Irak contre le "terrorisme", M. Assad a répondu: "elle doit réussir, sinon la région entière sera détruite et pas seulement un ou deux pays".

"Le prix à payer sera certainement élevé", a-t-il dit, selon un extrait diffusé par la présidence syrienne sur Twitter.

Mais il s'est dit toutefois confiant que "cette coalition va obtenir de véritables résultats".

"Les chances de succès de cette coalition sont grandes et non minimes", a ajouté le chef de l'Etat dont les troupes sont en guerre contre les rebelles depuis quatre ans et demi.

Il appelé les pays occidentaux à se joindre à cette coalition.

"Si ces Etats rejoignent de manière sérieuse et sincère la lutte contre les terroristes, du moins en cessant de les soutenir, nous obtiendrons des résultats beaucoup plus rapidement".

Le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 30 septembre 2015 [ALEXEI NIKOLSKY / RIA NOVOSTI/AFP/Archives]
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Le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 30 septembre 2015
 

 

La Russie mène depuis mercredi des frappes aériennes contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) mais aussi des groupes rebelles en Syrie, affirmant vouloir combattre le "terrorisme".

Les pays occidentaux, qui veulent le départ de M. Assad et soutiennent des groupes rebelles "modérés", soupçonnent Moscou de vouloir surtout apporter son soutien au président syrien en frappant ses ennemis, après de nombreux revers de l'armée syrienne ces derniers mois.

Le président syrien s'en est pris à la coalition dirigée par les Etats-Unis et qui depuis septembre 2014 mène des frappes contre les jihadistes, notamment ceux de l'EI.

Après plus d'un an, "je ne vois pas de résultats, je vois même des résultats contraires. Le terrorisme a connu une expansion géographique et le nombre de recrues au sein des groupes terroristes a augmenté", a souligné M. Assad.

Les frappes de la coalition menée par Washgington sont parvenues à contenir l'EI dans les zones kurdes où il a été chassé de plusieurs villes, sans toutefois le neuraliser.

Après sa capture en mai de la ville carrefour de Palmyre située en plein désert, l'EI contrôle près de la motiié du territoire syrien.

Au pouvoir depuis 15 ans et malgré une guerre qui a fait plus de 240.000 morts dans son pays, M. Assad a renouvelé son refus de démissionner.

"Je dis de nouveau, si mon départ était la solution, je n'hésiterais pas à le faire", a-t-il dit.

Il a minimisé le poids de l'opposition en exil soutenue par des pays occidentaux et arabes, refusant de dialoguer exclusivement avec elle en vue d'une solution à la crise.

"Quelle est votre influence dans la rue? Rien (...) dialoguer avec des personnes qui sont des agents pour d'autres pays ne mènera à aucun résultat", a martelé M. Assad.

Commentant la crise des migrants, en grande majorité syriens, en Europe, il a affirmé qu'il s'agissait "d'une page noire dans l'histoire de la Syrie", mais il en a fait assumer la responsabilité aux pays occidentaux en raison selon lui de leur soutien aux rebelles.

La guerre en Syrie avait commencé par des manifestations pacifiques qui, réprimées dans le sang par le régime d'Assad, se sont transformées en rébellion armée puis en conflit sanglant où armée, insurgés, jihadistes et kurdes se battent sur un territoire de plus en plus morcelé.

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