Syrie : nouvelles frappes russes sur 10 cibles de Daesh

"Dix cibles d'infrastructures de l'EI ont été frappées" en Syrie a annoncé dimanche 4 octobre le ministère russe de la Défense. À l'image, la ville de Homs. [MAHMOUD TAHA / AFP / Archives]

Les forces russes ont mené ces dernières 24 heures de nouvelles frappes sur 10 cibles de Daesh en Syrie, a-t-on appris ce dimanche de source officielle russe. Ces frappes sèment selon Moscou "la panique" au sein du groupe jihadiste, mais le doute persiste chez les Occidentaux, pour qui le Kremlin cherche à défendre le régime de Bachar al-Assad.

 

"Sur les dernières 24 heures, des avions SU-34, SU-24M et SU-25 ont effectué 20 sorties", a confirmé le ministère russe de la Défense . "Dix cibles d'infrastructures des bandits de Daesh ont été frappées", a-t-il ajouté, ajoutant que les forces russes étaient en train d'étendre leur campagne de bombardements.

Devenue l'un des acteurs majeurs du conflit depuis le début de son intervention mercredi, la Russie avaint annoncé samedi qu'elle allait "intensifier" les frappes menées par ses avions positionnés sur une base dans l'ouest de la Syrie.

Un haut responsable de l'état-major russe, le général Andreï Kartapolov, avait alors précisé que les avions russes avaient effectué "plus de 60 frappes visant plus de 50 sites d'infrastructures" de Daesh depuis mercredi. Ces opérations ont semé la "panique" chez les jihadistes et "environ 600" d'entre eux ont abandonné leurs positions, a assuré le général.

De tels chiffres n'ont pas été confirmés de sources indépendantes ou par les capitales occidentales, qui ne cessent de mettre en doute les intentions de Moscou.

 

Mise en garde de Bachar al-Assad

Le président syrien Bachar al-Assad a de son côté mis en garde dimanche contre la destruction de la région du Moyen-Orient en cas d'échec de la coalition de la Russie et de ses alliés contre "les groupes terroristes" dans son pays.

Dans un entretien à la télévision iranienne Khabar qui l'interrogeait sur les chances de succès de la coalition entre la Russie, le régime syrien, l'Iran et l'Irak contre le "terrorisme", M. Assad a répondu: "elle doit réussir, sinon la région entière sera détruite".

 carte de localisation des dernières frappes russes jeudi à Raqa et Taqba, en Syrie [L.Saubadu/A.Bommenel / AFP]
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Syrie: carte de localisation des dernières frappes russes jeudi à Raqa et Taqba, en Syrie
 

 

"Ne pas se tromper de cibles" pour Manuel Valls

A la suite de plusieurs dirigeants occidentaux, le Premier ministre français Manuel Valls a pour sa part appelé dimanche Moscou à "ne pas se tromper de cibles" en frappant d'autres organisations que Daesh.

"Il faut frapper les bonnes cibles, et en l'occurrence Daesh. Si Daesh est cet ennemi qui s'attaque à nos sociétés, et c'est vrai évidemment pour la France, ça peut être vrai aussi pour la Russie, donc c'est bien Daesh qu'il faut frapper (...), et nous invitons chacun à ne pas se tromper de cibles", a-t-il déclaré au cours d'un voyage au Japon.

 

L'opposition "modérée" en question

Mais le porte-parole du président russe Vladimir Poutine a déploré dimanche que les Occidentaux n'aient jusqu'à présent pas réussi à expliquer à Moscou ce qu'ils considéraient comme "opposition modérée".

Au cours de sa rencontre vendredi avec les dirigeants français et allemand à Paris, M. Poutine a "fait part de son grand intérêt pour cette question et demandé quelle était la différence entre l'opposition modérée et celle qui ne l'est pas. Jusqu'à présent, personne n'a réellement réussi à expliquer ce qu'était l'opposition modérée", a déclaré Dimitri Peskov à la télévision russe.

Le général Kartapolov a répété samedi que la Russie ne visait que des "terroristes" en Syrie. Mais, à l'instar du pouvoir syrien, le Kremlin qualifie de "terroriste" tout groupe combattant le régime d'Assad.

Le président américain Barack Obama a regretté que les Russes ne faisaient "pas la différence" entre les groupes visés. "De leur point de vue, ce sont tous des terroristes. C'est une catastrophe assurée".

Selon des sources syriennes et l'OSDH, la Russie vise ainsi Daesh mais aussi et surtout le Front Al-Nosra et ses alliés rebelles islamistes, soit les groupes ayant infligé au régime ses revers les plus significatifs cette année. Daesh a pour sa part concentré l'essentiel de ses opérations contre des groupes rebelles rivaux, à l'exception de la ville de Palmyre (centre) prise au gouvernement en mai.

Bachar al-Assad pourrait s'exprimer sur l'intervention de la Russie, qu'il n'a jusqu'à présent pas commentée, à l'occasion d'un entretien à une télévision iranienne dont la diffusion est prévue dimanche après-midi.

Au pouvoir depuis 15 ans et survivant des révoltes qui ont éliminé plusieurs chefs d’État arabes, le dirigeant syrien, qui vient de fêter ses 50 ans, se sent conforté par cette intervention dans sa stratégie consistant à se présenter comme le seul rempart face à Daesh.

 

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