Bombardement de l’hôpital de MSF : les militaires connaissaient la cible

Les militaires pensaient que l'hôpital de MSF été aux mains des Talibans. [MSF / AFP]

Les militaires américains qui ont organisé le bombardement de l'hôpital de Médecins sans Frontières, à Kunduz, savaient que l'établissement était fonctionnel.

Selon les informations de l'agence Associated Press, les Bérets verts en charge de l'opération estimaient que l'hôpital afghan était aux mains des Talibans et ont donc ordonné les frappes. Le rapport d'un officier supérieur révèle même qu'un hélicoptère américain a pris pour cible l'établissement la veille du bombardement.

Tim Shenk, porte-parole de Médecins sans Frontières, a de son côté déclaré qu'un "fonctionnaire à Washington" avait appelé l'organisation humanitaire pour se renseigner sur la présence ou non de combattants talibans au sein des l'hôpital de Kunduz. Ce à quoi il s'était vu répondre un non catégorique.

Ces révélations pourraient avoir d'importantes conséquences. Car même si l'état-major pensait viser les Talibans, ces frappes ont fait au moins trente morts dont la plupart des civils, employés de MSF ou patients de l'hôpital. Ce qui va à l'encontre des règles internationales.

Le porte-parole du Pentagone, le Major Roger Cabiness, a pour le moment refusé de commenter ces informations. Le militaire américain a dit attendre les conclusions des trois enquêtes actuellement ouvertes respectivement par les Etats-Unis, l'Afghanistan, et l'Otan.

Dans une tribune dans le «New York Times», Jason Cone, directeur de MSF aux Etats-Unis, a toutefois fait par du scepticisme de l'organisation face à ces enquêtes, qui «se font à l'aune de la doctrine et de la pratique militaires et non du droit humanitaire international».

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