Les grandes puissances unies contres Daesh

François Hollande va tenter de rallier les grandes puissances à la lutte contre Daesh. [BEN STANSALL / AFP]

François Hollande entame une semaine clé pour rallier les soutiens extérieurs et intervenir plus efficacement en Syrie face aux jihadistes de Daesh.

Il aura fallu un drame pour chercher à s’unir. Après les attentats qui ont touché Paris le 13 novembre dernier, François Hollande a tenu à envoyer un message à la communauté internationale : si Daesh a choisi de frapper la France, toutes les démocraties de la planète sont en danger. C’est pourquoi le président français a demandé une assistance militaire aux pays de l’Union européenne et une résolution des Nations unies (adoptée vendredi à l’unanimité). Mais le chef de l’Etat, qui a endossé depuis dix jours le costume de chef de guerre, a désormais pour objectif de convaincre les grandes puissances de combattre à ses côtés.

Une alliance internationale

Dès ce lundi, et jusqu’à jeudi, François Hollande va tenter de dessiner les contours d’une «grande et unique coalition» pour contrer Daesh, comme il en appelait de ses vœux le 16 novembre dernier. A travers les réceptions de David Cameron (lundi) et d’Angela Merkel (mercredi), et en se déplaçant à Washington (mardi) et Moscou (jeudi), pour s’entretenir avec Barack Obama et Vladimir Poutine, le président français entend mettre au point une stratégie commune.
 
Jusqu’ici, la Russie avait en effet choisi d’intervenir en Syrie en suivant son propre scénario, sans faire partie de la coalition inter­nationale menée par les Etats-Unis. Le Royaume-Uni, de son côté, s’est contenté de quelques frappes en Irak. Quant à l’Allemagne, son aide s’est cantonnée, jusqu’à présent, à la four­niture d’équipements.
 
Mais depuis les ­attentats, l’envie et le rôle de chacun ont quelque peu évolués. David Cameron a plaidé pour des frappes britanniques en Syrie auprès des députés, Washington et Moscou ont échangé des informations pour coordonner leurs bombar­dements des positions de Daesh, et le Kremlin a ordonné à ses ­navires ­déployés en mer Méditerranée de «coopérer avec les alliés français».

Des obstacles toujours présents

Cette grande coalition risque toutefois de se heurter à des obstacles. Invité dimanche sur Europe 1, où il a annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle serait opérationnel dès ce lundi, Jean-Yves Le Drian a estimé qu’une victoire contre Daesh passait «obligatoirement, […], par une présence au sol», mais a rejeté le fait que cette présence soit française. Or, aucun pays ne semble prêt à envoyer des hommes sur le terrain.
 
De plus, comme prévient le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, dans le JDD, «il n’y aura pas de victoire ­militaire à court terme». «Il faut […] ­reparler avec Bachar al-Assad», estime Frédéric Pichon, auteur de "Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé". Le sort du président syrien risque de revenir très vite au cœur des discussions et de créer de nouvelles tensions entre les alliés.

 

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