La dernière mine de charbon du Royaume-Uni ferme ses portes

Un mineur termine son service dans la mine Kellingley dans le Yorkshire, lors du dernier jour d'exploitation de la mine le 18 décembre 2015 [OLI SCARFF / AFP] La fermeture de la mine constitue un tournant économique et historique. [OLI SCARFF / AFP]

Kellingley, la dernière mine de charbon du Royaume-Uni, a définitivement cessé sa production vendredi dans le nord du Yorkshire, scellant la fin d'une industrie qui aura profondément marqué l'histoire économique et sociale du pays.

Après 50 ans d'activité, la dernière équipe de mineurs à descendre quotidiennement à 800 mètres sous terre en quête de la précieuse houille est remontée à la surface vers 12h40 GMT, a rapporté un journaliste de l'AFP.

«J'aimerais remercier mes collègues pour leur travail difficile et leur dévouement en ces temps difficiles. Comme eux, je pensais finir ma carrière ici mais ça ne sera pas le cas. C'est un jour très triste pour tous ceux qui sont attachés à cette mine. Mais je suis fier de pouvoir dire qu'on a fait le travail de manière professionnelle et sûre», a commenté le directeur de la mine, Shaun McLoughlin.

Le charbon n'est plus rentable

Pour le gouvernement britannique l'exploitation du charbon n'est plus rentable. Il a en outre annoncé fin novembre qu'il souhaitait arrêter d'ici à 2025 les centrales à charbon les plus polluantes. Ainsi, des trois qui cernent Kellingley, seule celle de Drax, qui fournit 7 à 8% des besoins électriques du pays, poursuivra son activité au-delà de 2016.

Mais au-delà du tournant économique, c'est pour beaucoup dans la région un pan entier d'existence, intime et familiale, qui prend fin le 18 décembre alors que des générations entières de mineurs se sont succédé dans la fosse de «Big K».

La plupart des employés de Kellingley ont fait leurs premières armes alors qu'ils n'avaient pas 15 ans, et voient mal ce qu'ils pourraient faire d'autre. «Certains ont déjà trouvé un autre emploi, d'autres partent à la retraite, d'autres encore cherchent un travail. C'est très triste mais la raison économique l'emporte», a déclaré Shaun McLoughlin à la chaîne de télévision Skynews.

Un tournant historique

«C'est un moment historique, mais aussi un moment qui aura un vrai impact pour ceux qui travaillent à Kellingley, leurs familles et la communauté au sens large. Nous et le Royaume-Uni tout entier devons une immense reconnaissance à ceux qui ont fait autant pour alimenter en énergie le pays pendant toutes ces décennies», a souligné le directoire de UK Coal dans un communiqué.

Quand le secteur était à son apogée, les mines de charbon faisaient travailler jusqu'à 1,2 million de personnes en 1920. Les effectifs ont ensuite chuté dans la deuxième partie du XXe siècle, pour finalement tomber à 4 000 employés en 2014, alors que la consommation de houille a atteint des bas niveaux records, finissant par être dépassée par les énergies renouvelables.

Représentant autrefois le secteur industriel le plus important du Royaume-Uni, les mines de charbon sont intimement liées à l'histoire économique et sociale du pays et devinrent dans les années 1980 le symbole de l'opposition à l'ultra-libéralisme de la Première ministre Margaret Thatcher. Aujourd'hui, de nombreux anciens sites miniers restent sinistrés par le chômage.

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