Erdogan veut asseoir son pouvoir total en Turquie

Erdogan Recep Tayyip Erdogan à Ankara, en Turquie, le 27 janvier 2017[ADEM ALTAN / AFP]

Bientôt les pleins pouvoirs pour Erdogan ? Pour aider le président turc à élargir son emprise sur le pays, l’AKP se réunit mardi, à l’appel du Premier ministre Binali Yildirim.

L’objectif du parti islamo-conservateur au pouvoir est de trouver le moyen de faire accepter aux citoyens sa proposition de réforme constitutionnelle, lors du référendum prévu au printemps. Le texte de 18 articles avait été validé par le Parlement turc dans un climat houleux, le 21 janvier. Il est controversé, car il permettrait au chef de l’exécutif de nommer et révoquer lui-même les ministres, promulguer seul des décrets, ou encore déclarer l’état d’urgence à sa guise sans passer par le Parlement.

Un contexte de tensions

Plus important encore, il autoriserait le président à briguer au moins deux nouveaux mandats de cinq ans, laissant à Erdogan l’opportunité d’occuper la tête du pays jusqu’en 2029. Ce dernier a estimé la réforme nécessaire pour garantir la stabilité à la tête de la Turquie, confrontée à des difficultés économi­ques et à une forte vague d’attentats. 
 
Pour lui, cette réforme serait l’étape ultime des efforts qu’il a fournis depuis des années pour asseoir son autorité totale sur le pays et concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Depuis la tentative de coup d’Etat en juillet, le gouvernement a notamment effectué des purges massives parmi les contestataires. Le silence forcé des médias locaux devrait faciliter grandement la campagne gouvernementale. Face à cela, l’inquiétude des ONG et des partis d’opposition social-démocrate et pro-kurdes grandit. Ils ont dénoncé une «dérive autoritaire». 

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