La violence ne cesse de croître au Venezuela : samedi, un homme a été mis à feu lors d’une énième manifestation contre le gouvernement de Nicolas Maduro.
Dimanche, à l’occasion de la diffusion de son émission télévisée hebdomadaire «Los domingos con Maduro», le président a dénoncé les actes commis par les opposants au régime, les accusant d’avoir pris l’homme pour cible parce qu’il clamait être un partisan du gouvernement.
«Une personne a été mise à feu, tabassée, poignardée… Il a pratiquement été lynché, juste parce qu’il a crié être un «Chavista»», a-t-il affirmé sur la chaîne de télévision nationale Venezolana de Television, faisant référence à son prédécesseur Hugo Chavez.
«Brûler une personne parce qu’elle semble être un «Chavista» est un crime de haine, et un crime contre l’humanité», a-t-il ajouté, tout en comparant les manifestants à des «nazis fascistes».
Or, des témoins présents lors de l’incident samedi après-midi, dont un photographe de Reuters, ont livré une tout autre version de l’histoire : selon eux, la foule d’une centaine de manifestants, amassée à la Plaza Altamira à l’Est de Caracas, accusait l’homme d’être un voleur. Ils l’auraient aspergé d’essence, avant de l’enflammer.
L’homme, que le président Maduro a identifié à la télévision comme étant Orlando Figuera, 21 ans, a été secouru par des manifestants, et est actuellement hospitalisé pour soigner ses brûlures, qui seraient sévères selon le chef d’Etat vénézuélien.
La majorité des manifestations contre le gouvernement virent désormais à l’affrontement, augmentant le bilan qui s’élève déjà à 47 morts après six semaines. Le lynchage est devenu un phénomène courant, tuant en moyenne trois personnes par jour.
![Des musiciens manifestent à Caracas, au Venezuela, le 7 mai 2017, alors que la vague de protestations contre le président Nicolas Maduro a fait 36 morts en un peu plus d'un mois [JUAN BARRETO / AFP] Des musiciens manifestent à Caracas, au Venezuela, le 7 mai 2017, alors que la vague de protestations contre le président Nicolas Maduro a fait 36 morts en un peu plus d'un mois [JUAN BARRETO / AFP]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/43e6626fedad23ee90710ccfbf21144c1c16a29e.jpg?itok=B9IuxHG0)